Jérôme Cahuzac ne démissionnera pas

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Jérôme Cahuzac ne démissionnera pas
Soutenu notamment par François Hollande et Jean-Marc Ayrault, Jérôme Cahuzac n'a pas l'intention de quitter le gouvernement.@ REUTERS
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Malgré l’ouverture d’une enquête judiciaire, le ministre du Budget n’entend pas quitter son poste.

Malgré l’ouverture d’une enquête judiciaire, le ministre du Budget n’entend pas quitter son poste.

Le contexte. Le parquet de Paris a annoncé mardi l’ouverture d’une enquête préliminaire  pour blanchiment de fraude fiscale afin de vérifier si Jérôme Cahuzac a détenu un compte en Suisse, comme l’a affirmé le site Mediapart le 4 décembre dernier. Forcément fragilisé, le ministre du Budget a réagi en se félicitant de cette décision, à même selon lui d’apporter la preuve qu’il n’a jamais possédé de compte frauduleux.

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>>> Alors que certains à droite appellent le ministre à la démission, un départ du gouvernement semble pour l’heure des plus improbables. Voici pourquoi :

• Il n’en a pas l’intention. Comme depuis le début de l’affaire, Jérôme Cahuzac continue de clamer son innocence. Il a donc accueilli, selon un communiqué, l’annonce de l’ouverture d’une enquête avec satisfaction. "Cette démarche permettra, comme il l'a toujours affirmé, de démontrer sa complète innocence des accusations absurdes dont il fait l'objet", peut-on lire dans le texte. A coup sûr, une démission sonnerait comme un aveu face à cette sérénité affichée.

• Il a le soutien du couple exécutif. A l’Elysée ou Matignon, pas question de lâcher le ministre du Budget. "Il n'y pas d'éléments qui amèneraient à changer la situation de Jérôme Cahuzac. Il est membre du gouvernement, par définition, il a le soutien du président et du Premier ministre", a fait savoir l’entourage de François Hollande. De son côté, Matignon s’est contenté de prendre acte de l’enquête préliminaire. Ajoutant : "cet élément supplémentaire permettra d'établir la vérité que Jérôme Cahuzac réclame". Soutien indéfectible donc, avec le risque d’être éclaboussé si d’aventure l’affaire tournait mal pour le ministre.

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• Un ministre indispensable. Si l’Elysée et Matignon semble aussi attaché au maintien de Jérôme Cahuzac au gouvernement, c’est que celui-ci a su se rendre indispensable, apparaissant rapidement comme l'un des ministres les plus actifs. En outre, il a sur son bureau quelques-uns des dossiers les plus chauds du moment, tels que les investissements d’avenir, la réforme du financement de la protection sociale, les fiscalités numérique et écologique… Surtout, c’est lui qui est chargé de trouver les 20 milliards d’économie promis par l’Etat pour 2013 et 2014. Impossible donc de se passer d’une telle pièce maîtresse.

• Ses amis le croient. Pierre Moscovici a répété mercredi sur Europe 1 ce que beaucoup ont dit avant lui : Jérôme Cahuzac leur a juré, en privé,  n’avoir jamais détenu de compte en Suisse. "Quand quelqu'un avec qui je travaille bien, qui est un ami, se met en face de moi et me dit les yeux dans les yeux :'voilà, je n'ai pas de compte en Suisse', j'ai confiance", a argumenté le ministre de l’Economie. "Je vais faire mes vœux aux agents de Bercy et je vais leur dire que nous avons fait 2012 ensemble et que nous ferons 2013 ensemble", a insisté Pierre Moscovici.

Ecoutez Pierre Moscovici (A partir de 6'50'') :