Jean-François Copé accusé de favoritisme

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Jean-François Copé accusé de favoritisme
Jean-François Copé est soupçonné de favoritisme par l'hebdomadaire le Point, qui en fait sa Une jeudi.@ MaxPPP
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Selon Le Point, le patron de l'UMP a surfacturé l'organisation de meetings à une agence tenue par ses proches. L'intéressé dément et va porter plainte.

Soupçons. À moins d'un mois des élections municipales, l'accusation tombe mal. Jean-François Copé est soupçonné de favoritisme par l'hebdomadaire le Point, qui en fait sa Une jeudi. Le président de l'UMP aurait  fait appel à l'agence de communication Bygmalion, appartenant à deux de ses proches et anciens collaborateurs, Bastien Millot et Guy Alves, pour organiser les meetings de la campagne présidentielle de 2012. Le hic : il aurait également facturé cette prestation à des prix bien plus élevés que la normale. L'intéressé dénonce, sur iTélé, "un coup monté totalement ignoble" et va porter plainte.

Affaire Copé

© Capture d'écran Le Point

Huit millions. Le montant total de la facture s’élèverait à huit millions d'euros. "Lors des meetings, les frais de traiteur, de retransmission vidéo et d'éclairage atteignaient parfois le double des tarifs habituels !", raconte le magazine, citant des sources internes au parti. Toujours selon Le Point, l'un des actionnaires de Bygmalion serait par ailleurs une société appartenant à Emmanuel Limido, gestionnaire de fonds lié au Qatar, qui avait fait l'intermédiaire en 2007 lors d'une vente de bien immobilier de l’État français au Qatar. Et à l'époque, Jean-François Copé était ministre du Budget.

>> Et même à l'UMP, l'affaire fait désordre, comme l'atteste ce tweet du député Lionel Tardy :



Copé "porte plainte". Contacté par Europe1, Jérôme Lavrilleux, directeur de cabinet du président de l'UMP, dément formellement toute accusation de surfacturation et assure que Jean-François Copé va porter plainte pour diffamation contre l'hebdomadaire. Selon ce proche du maire de Meaux, la sécurité des meetings de la campagne de 2012, due à la présence d'un président de la République, explique le montant des tarifs. "Ce n'était pas le même nom mais nous travaillons avec Bygmalion depuis 2002 et tout était aux prix du marché. Les tarifs ont d'ailleurs été validés par la Commission des comptes de campagne", fait-il savoir. 

>> Sur iTélé, le président de l'UMP a également dénoncé un "tissu de mensonge" :

Bastien Millot dénonce des "amalgames". "Je n'ai participé, ni de près ni de loin, à la campagne présidentielle. C'est la filiale de Bygmalion, Event & cie, qui a organisé les fameux meetings. Or cette filiale existe depuis des années et ses équipes sont reconnues comme extrêmement professionnelles", a rétorqué pour sa part Bastien Millot, cofondateur de Bygmalion et également chroniqueur du Grand direct des médias d'Europe1. "Parfois, il arrive à la presse d’exagérer. C'est peut-être le cas ce matin", estime Bastien Millot, demandant "stop aux rumeurs, aux amalgames, aux raccourcies et aux affabulations."

"C'est extrêmement caricaturant de dire que Bygmalion est une officine travaillant pour un seul homme. Bygmalion existe depuis cinq ans. Elle est tout sauf opaque", poursuit-il. Selon le dirigeant, l'article du Point a été commandé par "la direction d'un journal qui a une histoire un peu compliquée avec Jean-François Copé". "J'ai rencontré les journalistes. Mais je ne m'attendais pas à un agglomérat aussi mis en scène de sujets qui, sur le fond, n'ont pas d'authenticité", a-t-il conclu sur Europe 1 jeudi.