"Je suis libérale mais aussi féministe"

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"Je suis libérale mais aussi féministe"
La présidente du syndicat patronal français Medef, Laurence Parisot@ EUROPE 1
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Pour la patronne du Medef, Laurence Parisot, le texte sur la retraite des femmes est le bon.

"Je suis libérale mais aussi féministe", a précisé Laurence Parisot, jeudi sur Europe 1, juste avant d’apporter un soutien appuyé au projet gouvernemental de réforme des retraites, notamment sur la question des pensions des femmes.

"Sur la question des retraites des femmes, beaucoup de contre-vérités sont dites. Il est inexact de dire que le texte de loi est discriminatoire à l’égard des femmes. Au contraire, il apporte un certain nombre d’avantages en intégrant les indemnités journalières de maternité dans le calcul de la pension. Ce qui n’existait pas jusqu’alors", a martelé la présidente du Medef, le syndicat patronal.







La retraite des femmes au coeur du débat

La question des inégalités hommes-femmes est un des points centraux dans le débat sur les retraites, de nombreuses voix syndicales et politiques, y compris à l'UMP, critiquant un projet de loi qui risque, selon eux, d'aggraver les écarts.

Selon les statistiques, les retraitées du privé touchent en moyenne 825 euros quand les hommes reçoivent environ 1.400 euros, résultat de carrières discontinues -pour élever les enfants par exemple-, de temps partiel et de moindres salaires tout au long de la carrière.

Fondée sur les reports d'âge (62 ans au lieu de 60 pour partir, 67 ans au lieu de 65 ans pour bénéficier à coup sûr d'une retraite à taux plein), la réforme "risque de pénaliser les femmes plus que les hommes", estime par exemple la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité).

"Le texte n'est pas discriminatoire"

Mais abaisser l’âge de départ à la retraite des femmes, Laurence Parisot ne veut pas en entendre parler. "Baisser l’âge légal de départ à la retraite des femmes par rapport aux hommes, cela équivaut à entériner cette inégalité de fait", estime-t-elle.

"Ce qui équivaut à dire : on a plus qu’à la ratifier. Cela veut dire qu’une fois de plus, nous ne sommes pas les égales des hommes", a-t-elle ajouté avant de conclure : "Le texte n’est pas discriminatoire (…). Les injustices dont sont victimes les femmes y compris dans la vie professionnelle et dans le foyer", ne doivent pas être entérinées par cette réforme.

Le ministre du Travail Eric Woerth est resté ferme mercredi sur les mesures d'âge de la réforme des retraites qui repoussent à 62 ans l'âge légal de départ et à 67 ans la pension à taux plein, y compris pour les femmes.