Islam de France : Valls veut en finir avec les discours mous

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LES SECRETS POLITIQUES - Le Premier ministre souhaite organiser l'islam de France au plus vite.

L'INFO.  Un mois après les attentats terroristes qui ont endeuillé la France,  Manuel Valls veut s’emparer de la question délicate de l’organisation de l’islam de France. Et selon les informations d'Europe 1, il veut aller vite.

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Des consultations avec des personnalités qualifiées. Le Premier ministre veut pouvoir faire des annonces dans les semaines qui viennent. Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur va donc lancer des consultations dès la semaine prochaine avec des philosophes, des imams et des musulmans pratiquants de la société civile. Les pistes de travail sont d'ores et déjà calées, les questions auxquelles trouver des réponses le sont aussi : comment réformer le conseil français du culte musulman pour en faire une autorité de référence ? Comment interdire le financement des mosquées par les pays étrangers ? Comment et où former les imams ?

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L’ennemi ? Les frères musulmans et les salafistes. Le Premier ministre explique également qu’il va falloir accompagner l’élaboration d’une "doctrine". Pour lui, la doctrine de référence, aujourd’hui, est virtuelle et prospère sans cadre sur internet. Manuel Valls imagine déjà un dialogue et un travail de réflexion avec des pays arabes souhaitant défendre un islam modéré. Car pour le Premier ministre, l’ennemi est désigné : ce sont les frères musulmans et les salafistes.

Avec les musulmans… et la droite. Manuel Valls veut en finir avec les discours mous et convenus sur ce sujet. Mais il sait aussi qu'il devra mener ce travail en respectant à la lettre la loi sur la laïcité de 1905. Un vrai boulot d'équilibriste, qu'il ne mènera pas seul. Son intention est en effet d'associer les musulmans de France à ce travail de réflexion. Et il est persuadé que, sur ce sujet, un travail en commun avec la droite est possible.

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"Je me félicite de voir que Valls nous suit sur ce sujet". Contacté par Europe 1, Gérald Darmanin, chargé par Nicolas Sarkozy, de piloter une journée de travail sur le sujet, se dit satisfait de la requête du Premier ministre : "Je n'avais pas entendu cela dans son discours - par ailleurs brillant – 'post-attentats', mais je me félicite de voir qu'il nous suit sur ce sujet". Est-ce à dire que le député du Nord et maire de Tourcoing est d'accord pour travailler main dans la main avec le gouvernement ? "Sur le principe, oui, bien sûr. Mais pour le moment, cela ressemble avant tout à une opération de communication puisqu'il ne nous a adressé aucune demande officielle." Et si c'était le cas ? "Alors on en parlerait au Bureau politique. Reste à savoir ce que Valls entend par 'travailler ensemble'. Si l'idée, c'est de dresser des constats et de n'y apporter aucune réponse concrète, alors ce sera sans nous".