Interview de Laurent Wauquiez : "Il est surtout dans une posture"

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Sur BFMTV mardi soir, Laurent Wauquiez s'est défendu après la diffusion d'enregistrements compromettants, arguant qu'il était victime d'un complot visant à lui nuire.

INTERVIEW

Il a tout fait pour retourner la situation à son avantage. Sur le plateau de BFMTV, mardi soir, Laurent Wauquiez s'est exprimé sur les enregistrements qui ont fuité de ses cours à l'EM Lyon, jeudi et vendredi, dans lequel il tire à boulets rouges sur Alain Juppé, Valérie Pécresse, Gérald Darmanin, ou encore sur les députés de La République En Marche. Le président des Républicains a "formellement réussi" l'exercice de communication de crise qui lui était imposé, estime Robert Zarader, conseiller en communication politique et économiste, mercredi dans la Matinale d'Europe 1.

"Complot" et "victimisation". Quel message a voulu faire passer Laurent Wauquiez ? Pour Robert Zarader, il tient en deux points essentiels. Le premier consiste à dire que Laurent Wauquiez est "la victime d'un complot, dont on ne voit pas bien quels sont les tenants et les aboutissants, mais dont les journalistes sont les principaux artisans", précise-t-il. "Le deuxième registre, c'est la victimisation. Laurent Wauquiez a répété qu'il était la cible, 'parce qu'il est différent'", observe Robert Zarader.

"Différent", dans la bouche du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, est évidemment une qualité. Le terme suppose qu'"il est déterminé, qu'il n'utilise pas la langue de bois", contrairement au reste de la classe politique dont il veut à tout prix se démarquer. Pour Robert Zarader, Laurent Wauquiez essaie d'infliger au monde politique, celui qui "a subi une large défaite en 2017", "une nouvelle défaite par le langage libre". "Mais dans la réalité, il est surtout dans une posture", analyse le spécialiste.

Wauquiez renforce son électorat. Toujours est-il que la "posture" choisie peut servir les intérêts du président LR. Laurent Wauquiez a parlé à son électorat, "à une France qui s'est installée dans une forme de populisme vis-à-vis des médias et des politiques". Face à elle, "son discours peut avoir un effet loin d'être négatif. Au contraire, il peut renforcer des traits d'image", juge Robert Zarader.

"Il y a un bénéfice auprès d'un cœur de cible qui constituera son électorat à venir. On voit bien qu'une des stratégies de Laurent Wauquiez s'apparente assez à celle utilisée par Monsieur Buisson dans le passé, c'est-à-dire non pas aller sur les terres du Front national, mais siphonner les voix du Front national. Et Laurent Wauquiez s'y emploie", commente encore le conseiller en communication politique. Toutefois, Laurent Wauquiez n'a pas totalement sauvé les meubles grâce à cette interview. Selon Robert Zarader, le président des Républicains "s'est fragilisé auprès d'une partie de l'électorat qui aurait pu le rejoindre".