Internet s’invite à l’Assemblée

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Internet s’invite à l’Assemblée
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Les députés pourront bientôt surfer sur le net depuis l’hémicycle. Une nouvelle diversement accueillie par les élus.

C’est une petite révolution que s’apprête à vivre à partir de la semaine prochaine l’Assemblée nationale. Les députés pourront en effet, lorsqu’ils siègent dans l’hémicycle, accéder librement "tant à leur bureau virtuel qu'à internet", selon un communiqué du président de l'Assemblée, Bernard Accoyer. Cet accès, toutefois, ne sera pas possible lors des séances de questions orales au gouvernement. L’objectif, selon le titulaire du Perchoir, est "d'inscrire l'Assemblée nationale dans la modernité en donnant aux députés des moyens de travail adaptés".

"Enfin !", se réjouit Patrick Bloche, député socialiste de Paris, joint par Europe1.fr. "Nous avons déjà cette possibilité au Conseil de Paris, et c’est incontestablement un vrai plus." Finis donc les va-et-vient incessants des huissiers pour apporter aux députés un papier contenant des informations de leurs collaborateurs. "Cela nous permet d’avoir un lien avec l’extérieur de l’hémicycle", reprend Patrick Bloche. "Cela sera particulièrement utile pour les débats assez longs, les après-midi interminables."

"Je suis perplexe", tempère Hervé Mariton, député UMP de la Drôme. Disposer des outils informatiques et numériques qui permettent de faciliter le travail parlementaire, comme le suivi des amendements par exemple, c’est évidemment extrêmement utile. Maintenant, l’ouverture sur le monde, je suis plus réservé, je pense qu’il faut un peu protéger l’hémicycle."

Le député de la majorité craint en outre que l’arrivée d’internet ne détourne l’attention des députés sur l’essentiel. "Je pense qu’on n’est pas obligé de multiplier les moyens de distraction des députés, fussent-ils modernes, et qui ne manquent déjà pas. Ce n’est pas très heureux." "Evidemment, il faut en faire un usage équilibré, répond Patrick Bloche. Il ne s’agit pas de faciliter la simple présence physique."

Alors à quand des séances en direct sur le Facebook et le Twitter des députés ? "Difficile pour l’instant d’anticiper les conséquences de l’arrivée d’internet à l’Assemblée, sourit Patrick Bloche, qui se félicite tout de même de ce qu’internet peut apporter comme modernisation à l’image de la représentation nationale. "L’image du député un peu archaïque qui ne travaille qu’avec son stylo plume et qui regarde son PC, que seul son collaborateur sait faire marcher, avec méfiance, s’estompe avec le temps", se félicite-t-il.