Interdire la production d'hydrocarbures : une mesure avant tout symbolique

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Interdire la production d'hydrocarbures : une mesure avant tout symbolique
La popularité et la liberté de ton de Nicolas Hulot sont devenues deux atouts pour un président dont la cote s'effondre dans les sondages. @ PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP
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La fin de l'exploitation des hydrocarbures en France n'aura qu'un impact minime d'un point de vue écologique, mais il s'agit d'une mesure forte en terme de symbolique, susceptible de servir la popularité en berne du chef de l'Etat.

EDITO

Le gouvernement veut en finir avec la production de pétrole. Le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, présente mercredi matin, en Conseil des ministres, son projet de loi pour interdire à l’horizon 2040 l’exploitation des hydrocarbures en France métropolitaine et dans les Dom-Tom. Une mesure à l’impact environnemental contesté mais à forte valeur symbolique.

1% de la consommation française. "La loi hydrocarbure : impact vert zéro, impact politique 10.000", résume un député de la majorité présidentielle. Un jugement brutal mais pas entièrement excessif dans la mesure où les hydrocarbures produits en France ne représentent qu’1% de la consommation des Français. C’est aussi 1.500 emplois, mais, qui auront le temps d’être réaffectés d’ici 2040. D'un point de vue écologique, cette mesure s'annonce ainsi beaucoup moins important que la loi sur la transition énergétique de Ségolène Royal par exemple.

Une caution pour la popularité du chef de l'Etat. Politiquement pourtant, il s'agit d'un symbole fort, ce dont Emmanuel Macron a besoin. Depuis le début du quinquennat, le duo Hulot-Macron fonctionne comme une association gagnant-gagnant ; le ministre pense qu’il ne renie pas ses convictions et qu’il agit autant que possible, quant au président, dont la popularité s’effondre dans les enquêtes d’opinion, il a besoin de personnalités populaires dans son gouvernement. Un exemple : lorsque Nicolas Hulot a avoué qu’il avait voté pour Benoît Hamon au premier tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron ne s’en est pas du tout offusqué, au contraire, cet aveux accréditait la thèse d’un engagement désintéressé et d’un rassemblement par-delà les clivages au nom de l’action.