Insémination post-mortem : une Française obtient l'exportation du sperme de son mari mort

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Insémination post-mortem : une Française obtient l'exportation du sperme de son mari mort
Le juge est allé à l'encontre de l'interdiction des inséminations post-mortem en France. Image d'illustration. @ PHILIPPE DESMAZES / AFP
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Le tribunal administratif de Rennes a estimé mercredi que la demande de cette femme était justifiée au vue de "circonstances exceptionnelles".

Le tribunal administratif de Rennes a enjoint le CHU de Rennes à exporter le sperme du mari mort d'une jeune femme de nationalité française en vue d'une insémination post-mortem, une première en France, a indiqué mercredi son avocat.

Perte de son mari et son enfant en 2016. La requérante, âgée de moins de 30 ans, a perdu en janvier 2016 son mari malade, puis son enfant in utero à quelques jours du terme. Elle demandait l'exportation des gamètes de son mari défunt afin de pouvoir procéder à une insémination post-mortem à l'étranger, cette intervention n'étant pas autorisée en France.

Une situation "exceptionnelle". "Des circonstances exceptionnelles justifient qu'il soit enjoint au centre hospitalier régional universitaire de Rennes de prendre toutes les mesures utiles afin de permettre l'exportation, dans un établissement européen acceptant de procéder à une insémination post-mortem, des gamètes d'un époux décédé", a déclaré le tribunal administratif dans un communiqué de presse. L'ordonnance définitive n'interviendra pas avant la semaine prochaine.

"Respecter" leur décision de devenir "parents". En France, le code de la santé publique interdit l'insémination post-mortem et l'exportation des gamètes. Mais le juge administratif a estimé que "les circonstances très particulières que représentent pour la requérante le décès de son époux puis celui de leur enfant au terme de sa grossesse constituent, dans la présente affaire, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa décision et de celle de son défunt époux de devenir parents", explique le communiqué de presse. Ces circonstances justifient "que soit écartée l'interdiction de la procréation médicalement assistée post-mortem et le transfert des gamètes à cette fin", a statué le juge.