Impôts : la hausse qui ne dit pas son nom

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Impôts : la hausse qui ne dit pas son nom
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Raboter les niches fiscales, "ça veut dire augmenter l’impôt", commente un cadre de l’UMP.

Rigueur, austérité et désormais impôts. La vie du gouvernement est pavée de dangers sémantiques depuis quelques semaines. François Fillon a annoncé jeudi matin un "coup de rabot" général de 10% sur certaines niches fiscales et la suppression d’autres. "On ne va pas se mentir, raboter les niches fiscales, ça veut dire augmenter l’impôt", commente un cadre de l'UMP rencontré par Europe 1.

L'engagement de Nicolas Sarkozy

Mais la marge de manœuvre du gouvernement dans ce domaine est extrêmement réduite. En mars 2009, en visite dans une usine Alstom, Nicolas Sarkozy avait répété avec force l’un de ses engagements de campagne : "Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts moi. Si on veut augmenter les impôts dans notre pays, il y a tellement de candidats pour les augmenter, vous aurez l’embarras du choix aux prochaines élections", avait alors lancé le chef de l’Etat.

Quinze mois plus tard, la majorité tente de sauver les apparences. "Il y aurait reniement s’il y avait une augmentation généralisée des impôts pour l’ensemble de la population. Ce n’est pas du tout ça. Il n’y a pas de remise en compte des engagements présidentiels", a insisté le porte-parole de l’UMP Dominique Paillé, au micro d’Europe 1.

Une solution de "facilité" ?

Au-delà des polémiques dans l’arène politique, reste l’objectif comptable. En 2013, la France s’est engagée à avoir ramené son déficit à 3% du PIB, conformément aux normes européennes. Et pour revenir à ce niveau, raboter les niches fiscales ne suffira sans doute pas. François Baroin, le ministre du Budget, avait lui-même parlé en mai dernier d’une "solution de facilité".