"Il faut qu'on trouve des compromis" pour refondre l'Europe, estime Pierre Moscovici

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Selon le commissaire européen Pierre Moscovici, la France doit être leader au sein de l'Union européenne mais sans pour autant imposer ses vues aux autres membres.

Au lendemain du sommet européen qui s'est tenu à Tallin (Estonie) sur le numérique, le commissaire européen  aux affaires économiques Pierre Moscovici revient sur le rôle que doit avoir la France dans l'équilibre européen au micro d'Europe 1. 

"Il faut tenir compte des sensibilités des autres". Pierre Moscovici estime que pour refondre l'Europe comme le souhaite le président Macron, il ne faut pas trop s'imposer. "Le prisme français, c'est vertical : 'Nous pensons que et donc tout le monde doit faire comme nous'. Petite nuance, l'Europe ce n'est pas la France. Pour parvenir à faire bouger l'Europe, il faut tenir compte des sensibilités des autres", assure Pierre Moscovici après avoir précisé sa double identité de Français et de commissaire européen.

"Il faut parfois mettre un peu d'eau dans son vin.". "J'essaie d'expliquer aux Français que la parole française est importante, que le couple franco-allemand est décisif, que le triangle Berlin-Paris-Bruxelles est essentiel", détaille Pierre Moscovici. "Mais nous sommes 28, enfin 27, il faut qu'on trouve des compromis. C'est une culture que la France doit aussi avoir. Le discours d'Emmanuel Macron [sur l'Europe donné à la Sorbonne mardi], moi Pierre Moscovici, Français, social-démocrate, commissaire européen (...), je signe mais je sais que pour arriver à changer les choses, il faudra en convaincre d'autres. Et je sais qu'il faut parfois mettre un peu d'eau dans son vin.

Les Européens "n'ont pas envie que tout se passe à Bruxelles". Après ce discours fondateur du président français, "très écouté en Europe", le commissaire européen estime qu'il faut passer aux actions concrètes. "C'est une base forte, une parole inspirée et derrière ça, il va falloir passer aux travaux pratiques."

"C'est ce qui a commencé à Tallinn [où s'est tenu un sommet européen] parce qu'on voit bien qu'il peut y avoir ici ou là des inquiétudes. Les autres Européens n'ont pas envie d'avoir un directoire franco-allemand. Ils n'ont pas non plus envie que tout se passe à Bruxelles." Quant à la position personnelle de Pierre Moscovici quant à cette refonte de l'Europe : "je suis pour un compromis progressiste pour une Europe qui aille beaucoup plus loin."