"Il faut briser cette logique de la ghettoïsation"

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"Il faut briser cette logique de la ghettoïsation"
@ Mickaël Frison/Europe 1
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INTERVIEW E1 - Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, et Valérie Létard, sénatrice UDI du Nord, étaient les invitées politiques d'Europe 1 vendredi.

François Hollande a reçu jeudi à l'Elysée plusieurs élus de banlieue, dans le cadre d'une journée de consultations, à une semaine de sa prochaine conférence de presse. Parmi eux, Catherine Arenou, maire divers droite de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), qui était l'invitée de Jean-Pierre Elkabbach, vendredi sur Europe 1. Elle a appelé de ses vœux à revoir la "politique de peuplement". "Ce sont toujours les mêmes familles les plus précaires que l'Etat nous envoie, parce qu'il n'a pas les moyens de les mettre ailleurs", a-t-elle déploré. Autre chantier prioritaire : l'éducation. "Si on veut travailler pour les 20 ans à venir, il faut mettre le zoom sur l'enfant et son architecture intellectuelle, lui mettre une colonne vertébrale", a estimé Catherine Arenou.

Valérie Létard, sénatrice UDI du Nord, également interrogée sur Europe 1, a mis en avant le même type de problématiques. "Il faut essayer de briser cette logique de la ghettoïsation, c'est à dire envoyer toujours les familles les plus fragiles dans les mêmes quartiers", a-t-elle exhorté.

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"J'ai vu les filles changer, se replier". Catherine Arenou a aussi souligné la montée du fait religieux, qui "devient visible, surtout dans nos banlieues d'Ile-de-France, et surtout chez les jeunes filles, très tôt". "J'ai vu les filles changer, se replier, et j'ai l'impression que le combat féministe sans excès qui était le fait de ces 50 dernières années est en train de faire un bond en arrière", a-t-elle expliqué.

Après son entrevue avec le président de la République, Catherine Arenou refuse à l'avance tout effet de manche. "Tous les maires de banlieue ne supportent plus le coup de projecteur qui ne dure qu'un temps, qui est quelquefois le fait de petites annonces qui font du bruit et qui ne se répercutent pas sur les territoires", a averti l'édile.