Identité nationale : Sarkozy prend ses distances

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Identité nationale : Sarkozy prend ses distances
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Le sujet a disparu des discours du président qui n’ira même pas prononcer un discours comme prévu vendredi.

Ce devait être un des moments-clés du débat sur l’identité nationale lancé il y a un mois par Nicolas Sarkozy et Eric Besson : le discours du président de la République vendredi, à l’Institut Montaigne, un groupe de réflexion libéral, pour répondre à la question "Qu’est-ce qu’être français ?". Mais, il y a une semaine, l’Elysée a finalement décidé que le discours en question serait prononcé par… François Fillon.

Cela fait déjà plusieurs jours que le thème de l’identité nationale a été gommé des discours du président de la République. A Aubervilliers samedi, face aux militants et aux cadres de l’UMP réunis pour le lancement de la campagne des élections régionales, le chef de l’Etat a tout simplement préféré ne pas aborder le sujet. Dans son entourage, on explique qu’il s’agit de ne pas "se répéter", "se caricaturer" et même que la question "n’a jamais été une priorité" avant les régionales.

Ce n’est pas le point de vue de 72% des Français pour qui le débat sur l'identité nationale constitue "une stratégie pour gagner les élections régionales", selon un sondage Ifop paru le week-end dernier dans le Journal du Dimanche.

Au sein de la majorité, les critiques se font de plus en plus ouvertes. Le débat sur l'identité nationale lancé par le gouvernement, à "quelques encablures" des régionales, c'est "gros comme un hippopotame dans une mare asséchée", a ironisé mercredi le député UMP de l'Aube François Baroin. Pour Jean-Pierre Raffarin, le gouvernement doit faire "évoluer" ce débat pour que ce ne soit pas une "réflexion de comptoir" et ne pas en faire un enjeu des régionales. "C'est bien d'avoir lancé le débat, mais ça ne peut pas être un gadget qui dure trois mois", avait commenté il y a quelques jours le chef de file des députés UMP Jean-François Copé.

L’Elysée affirme pour sa part que Nicolas Sarkozy a donné sa position sur l’identité nationale le 12 novembre dernier, lors d’un discours à La-Chapelle-en-Vercos. "Devenir français, c'est adhérer à une forme de civilisation, à des valeurs, à des moeurs", avait insisté le président de la République. Plus de 40.000 contributions ont été déposées sur le site internet consacré au débat sur l’identité nationale. Le sujet sera au menu de l’Assemblée nationale le 8 décembre prochain.

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