Hulot : "on n'a pas exploré d'autres alternatives" à Sivens

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INTERVIEW E1 - L'envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète était l'invité d'Europe 1, mardi.

Nicolas Hulot, président de la fondation qui porte son nom et envoyé spécial du président de la République pour la protection de la planète, était l'invité politique de Thomas Sotto, mardi sur Europe 1. Invité à réagir sur le dossier brûlant du barrage de Sivens, il a appelé à "surseoir" au projet, "pour calmer les esprits", sans pour autant appeler à l'enterrer. Pour Nicolas Hulot, il faut "explorer d'autres alternatives, ce qui n'a pas été fait et aurait dû être fait dans ce dossier-là, et probablement beaucoup de dossiers d'aménagement du territoire".

"Le projet est démesuré". Pour autant, "il ne faut pas l'oublier. Je pense qu'il y a des agriculteurs qui avaient besoin de ces réserves d'eau, mais ce que disent un certain nombre d'expertises, c'est qu'on n'a pas exploré d'autres alternatives. Ce sur quoi tout le monde est d'accord, c'est que le projet est démesuré".

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"C'est un dossier qui est évidemment symptomatique de deux visions", a poursuivi Nicolas Hulot. "On parle de la même chose, mais en réalité, on ne voit pas la même chose". Pour lui, il ne faut pas "opposer l'agriculture à l'écologie, comme si ces sujets n'étaient pas compatibles, comme si les agriculteurs eux-mêmes étaient exclus des enjeux écologiques". "Il faut sortir de ces positions frontales", a ajouté l'ancien animateur télé.

>> L'interview de Nicolas Hulot en intégralité :



Il veut de "la démocratie participative". Nicolas Hulot a appelé à tirer les conséquences de la mort du manifestant Rémi Fraisse, en développant véritablement la consultation préalable à ce type de projet. "Si on pouvait en tirer une leçon, c'est d'essayer d'adapter notre démocratie, pour revoir les procédures de consultation, et notamment par le biais de ce qu'on appelle la démocratie participative", a-t-il jugé. "Les procédures de consultation, ce sont souvent de simples habillages. On écoute, mais on ne tient pas compte, et on n'entend pas souvent la voix du bon sens".

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La France, leader sur le climat. Depuis janvier 2013, Nicolas Hulot est l'émissaire de François Hollande pour la protection de la planète. Au micro d'Europe 1, il s'est félicité de l'action de la France sur ces sujets. "La France, sur les enjeux climatiques, a pris une forme de leadership", a-t-affirmé, citant deux exemples : "au sommet des Nations unies à New York, deux Etats sont arrivés pour abonder le fonds vert pour le climat : la France et l'Allemagne. Au Conseil européen, le pays qui a été le plus en pointe pour faire en sorte que l'Europe ait un minimum d'ambition sur les enjeux climatiques, c'est la France".

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