Hulot en "mission planète" pour Hollande

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Hulot en "mission planète" pour Hollande
@ MaxPPP
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L’écologiste a été nommé "envoyé spécial pour la protection de la planète" de François Hollande.

L’info. La politique, "ce n’était pas une fin en soi. Je fais de la politique comme Molière fait de la prose sans le savoir. Être devant la camera, c’est terminé". Ainsi parlait Nicolas Hulot, sur Europe 1, il y a moins de deux mois. Échaudé par sa cuisante défaite lors de la primaire écologiste face à Eva Joly, le plus célèbre écologiste du pays ne voulait plus entendre parler de politique. Pourtant, Nicolas Hulot a annoncé jeudi matin qu’il serait désormais l’envoyé spécial de François Hollande en matière de défense de l’environnement.

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Quel rôle ? Libéré de sa collaboration avec TF1, en retrait au sein d’Europe Ecologie – les Verts, Nicolas Hulot est désormais libre comme l’air. En début de semaine, c’est lui qui a joué les intermédiaires entre le chef de l’Etat et le chef amazonien Raoni. Une première qui en appelle donc d’autres. Cette mission "pour la protection de la planète" sera exercée à titre bénévole, a précisé la présidence dans un communiqué. "C'est une mission internationale diplomatique qui s'inscrit dans la tradition universaliste de la France", a encore dit Nicolas Hulot à la presse, estimant que s'il peut "participer dans [sa] mission à mettre un peu d’huile dans les rouages, rien que pour cela ça vaut le coup d’essayer".

Un coup à droite, un coup à gauche. Nicolas Hulot et la politique, c’est une longue histoire, mais pas toujours rectiligne. "Il en va de la gauche comme de la droite, la conversion à l’écologie n’a pas été faite", tranche-t-il dans Le Parisien. Une maxime qu’il a appliquée à son engagement, mettant sa notoriété au service au service des uns, puis des autres.

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En 2002, c’est Jacques Chirac qui fait de lui son sherpa. "La maison brûle et nous regardons dans l’autre direction", cette phrase fameuse prononcée par Jacques Chirac au sommet de Johannesburg sur la terre ? Une idée de Hulot. Le président lui propose ensuite deux fois de devenir ministre de l’Ecologie. Nicolas Hulot refuse car "la première fois, il étai[t] tétanisé par l'enjeu, et [i]l ne pensai[t] pas avoir la carrure." La deuxième fois, il juge que les conditions ne sont pas réunies.

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Pendant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy signe le Pacte écologique de l’ancien animateur d’Ushuaïa.  Une fois élu président, il convoque un Grenelle de l’environnement. La drague ne cessera plus. "Nicolas Sarkozy le voit de temps en temps pour discuter avec lui. Il l'apprécie beaucoup. C'est quelqu'un d'entreprenant, qui a des idées", confirme Franck Louvrier, le conseiller en communication de l’ancien président. En 2011, Nicolas Sarkozy l’invite à déjeuner pour lui proposer un poste de représentant à l'ONU. Les deux parties démentent mollement l’information.
Jean-Louis Borloo
Après la droite, le centre ? Courant 2011, le "télécologiste" admet avoir pensé à s’allier à Jean-Louis Borloo pour la présidentielle de l’année suivante. "Honnêtement... J'ai pensé pendant un court temps faire un tandem avec lui. Mais ce n'était pas envisageable, car je suis obligé de tenir compte de la culture d'Europe-Ecologie/Les Verts. A ce stade, il est moins envisageable d'être avec lui que de faire un partenariat avec les socialistes." Des propos qui font exploser de rage ses camarades d’Europe Ecologie - les Verts.

L’écologie au dessus de la politique ? Nicolas Hulot a donc toujours estimé que la défense de la cause écologiste transcende les clivages politiques. Il en a donné un nouvel exemple en participant, mercredi, au lancement du Forum des écologistes, sorte de lobby de défense des thèmes verts. Cette plateforme transpartisane compte ainsi dans ses rangs Daniel Cohn-Bendit, Pascal Durand, mais aussi Hubert Védrine, l’UMP Fabienne Keller ou la centriste Chantal Jouanno. Le député socialiste du Gers, Philippe Martin, a lui aussi fait le déplacement, même si ce "mélange avec la droite" n’est pas sa "tasse de thé". La synthèse est signée Daniel Cohn-Bendit, mais s’applique parfaitement à Nicolas Hulot : "le clivage gauche/droite ne veut rien dire quand on parle d’écologie."