Huchon menacé, le PS monte au front

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Huchon menacé, le PS monte au front
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Le Conseil d’Etat réclame l’inéligibilité du président de la région Ile-de-France. Le PS s’insurge.

"J'ai du mal à comprendre". Martine Aubry a affirmé mardi ne pas bien comprendre "ce qui a l'air de se préparer au Conseil d'Etat", devant lequel le rapporteur public a prôné vendredi l'annulation de la réélection de Jean-Paul Huchon (PS) à la tête de la région Ile-de-France. Invité du bureau national du PS mardi soir, le président du conseil régional a reçu le soutien appuyé de ses camarades.

Dans sa recommandation, le rapporteur, qui réclame également l'inéligibilité de Jean-Paul Huchon pour un an, met en cause le fait que ce dernier n'avait pas intégré dans ses comptes une campagne de publicité sur les transports en Ile-de-France organisée quelques mois avant les régionales.

Une tentative d'"assassinat politique"

A son arrivée au bureau national, peu après 16h30, Jean-Paul Huchon n'a fait aucune déclaration. Il a été aussitôt reçu par la première secrétaire, Martine Aubry, avant d'être vivement applaudi, selon un participant, par les membres de la direction du parti lors de leur réunion hebdomadaire.

Le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, avait fait part lundi de "la stupéfaction du PS" face aux recommandations faites devant la haute juridiction administrative. Jean-Paul Huchon a lui-même dénoncé une tentative d'"assassinat politique". Il a fait valoir que ses comptes avaient été "validés par la Commission nationale des comptes de campagne".

Une "manœuvre de l’UMP"

Ali Soumaré, conseiller régional (PS) d'Ile-de-France, a dénoncé, de son côté, une manœuvre de l’UMP. "Ces hallucinantes recommandations font suite à une plainte, clairement pilotée par les plus hautes instances de l'UMP, mais officiellement portée par un simple militant, pour une campagne d'affichage en septembre 2009 sur sa politique de transports. (...) C'est honteux, scandaleux et mesquin !", a-t-il fait savoir dans un communiqué.

Du côté de la majorité, Jean-François Lamour et Philippe Goujon, respectivement président du groupe UMP au conseil de Paris et maire du XVe arrondissement, ont salué les recommandations du rapporteur. "M. Huchon a délibérément joué avec le feu, en superposant propagande électorale et campagne de communication institutionnelle. Le recours devant le Conseil d'Etat est parfaitement justifié", ont-ils déclaré.

Yves Jégo, député UMP de Seine-et-Marne et vice-président du Parti radical (affilié à l'UMP) a quant à lui estimé que "si le Conseil d'Etat suit son rapporteur, il ne s'agira en rien d'un "jugement politique", mais bel et bien de la sanction d'une fraude aussi inexcusable que scandaleuse". "Dans l'attente de la décision du Conseil d'Etat (...), il serait sage que les thuriféraires de l'actuel président de la région Ile-de-France cessent leur mise en cause de la plus haute instance de notre justice administrative", a-t-il ajouté.