Hubert Védrine : "Nous ne sommes plus tout à fait dans la Ve République"

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Invité du Grand Rendez-vous d'Europe 1, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, reproche notamment aux primaires l'affaiblissement de la figure présidentielle.

INTERVIEW

Il ne voit pas dans les primaires "un progrès de la démocratie". Invité dimanche du Grand Rendez-vous sur Europe 1, Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, a vivement critiqué le système des primaires alors même que Manuel Valls laisse entendre dimanche, dans un entretien au JDD, qu'il pourrait être candidat à la primaire de la gauche.

Le temps politique, de plus en plus court. "Ça augmente le temps passé en campagne électorale, et comme on a raccourci le mandat présidentiel, on est un peu en campagne tout le temps", estime l'ancien chef de la diplomatie française. "Le temps pendant lequel les dirigeants peuvent prendre de vraies décisions, travailler vraiment, être vraiment président, se réduit de plus en plus", déplore-t-il.

Remise en cause du quinquennat. "Ça montre que nous ne sommes plus tout à fait dans la Ve République, ni à droite ni à gauche", avance encore Hubert Védrine qui estime que ce type d'exercice électoral participe à la fragilisation de la figure présidentielle. "L’affaiblissement de la fonction présidentielle, qui est regrettable, ne date pas de quelques mois. C’est un phénomène plus ancien", soutient-il, tout en dénonçant la mise en place du quinquennat comme l'une des raisons de l'accélération de la vie politique. "Je ne trouve pas que les primaires aient démontré leur utilité démocratique", conclut-il.