Hollande veut relancer les "bons du Trésor"

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Hollande veut relancer les "bons du Trésor"
Sur Canal Plus, François Hollande a dit son intention de faire appel à l'épargne des Français notamment pour éponger la dette.@ REUTERS
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Le candidat PS a estimé que l’épargne des Français pourrait financer l’industrie… et la dette.

Avant la grande réforme des marchés des années 1980, les Français prenaient une part active au financement de l'État au travers des emprunts nationaux. François Hollande souhaite relancer cette pratique. "Moi, j'ai l'idée que l'épargne des Français, qui est à un niveau très élevé - 17% de nos revenus sont épargnés - puisse être mobilisée pour l'industrie, pour le logement et aussi pour la dette", a affirmé le candidat PS jeudi lors du Grand Journal de Canal +.

L’objectif est de réduire la part des créanciers étrangers. "Plus on empruntera auprès des Français, moins on empruntera auprès des marchés", a expliqué François Hollande. A la fin 2011, 65,4% de la dette négociable de l'Etat (sous la forme de titres) était détenue par des non-résidents, et 34,6% par des résidents français, selon les données de l'Agence France Trésor, chargée de gérer la dette française.

"Un taux pas supérieur à celui du marché"

Le candidat PS propose donc de lancer des emprunts d’Etat auprès des particuliers. "J'y réfléchis. Ca existe déjà. Ce qu'on appelait autrefois les bons du Trésor, les grands emprunts d'Etat. Plus on emprunte sur nos propres marchés avec l'épargne des Français, moins on est dépendant de fonds d'investissements", a-t-il insisté, affirmant que sa décision était prise. "Oui, en fait. Après il faut voir les conditions. Il faut que ce soit un taux qui ne soit pas supérieur à celui du marché. Pas la peine de payer plus cher une dette même si elle est souscrite par les Français", a tempéré le candidat PS.

En juin 2009, le président Nicolas Sarkozy avait lui-même envisagé de lancer un nouvel emprunt auprès des Français. Il y avait renoncé, car le coût d'un appel public à l'épargne aurait alors été beaucoup plus élevé que d'aller sur les marchés. Cela aurait été une première depuis le fameux "emprunt Balladur" en 1993. Rémunéré à 6% par an et d'une durée de quatre ans, il avait rencontré un vif succès, permettant de lever 110 milliards de francs (16,7 milliards d'euros), contre 40 milliards initialement attendus.