Hollande, surtout ne rien changer

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Hollande, surtout ne rien changer
@ Reuters
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EDITO - Le chef de l’Etat a maintenu son cap. Pas question d’en varier.

Pour séduire et rassurer, François Hollande s’est démultiplié. Jeudi, pour sa deuxième conférence de presse présidentielle, il s’est montré grave sur le Mali ou les incidents au Trocadéro puis, quelques minutes plus tard, drôle sur sa chute dans les sondages. A donné des gages à Bruxelles, tout en faisant un geste envers Mélenchon.

Un numéro d’équilibriste qui n’a pas convaincu Caroline Roux, L’éditorialiste politique d’Europe 1. "Il ne changera pas !  François Hollande est insensible à la critique, hermétique aux mauvais sondages : il ne changera ni sa façon d’assumer sa fonction ni sa politique." 

Un "changement" pas assumé. Le slogan de la campagne a volé en éclats. S’il dit avoir appris à être président, il en refuse toujours les codes, se glorifie de ses balades incognito dans les rues de Paris. Et il ne changera pas, continuera à prendre le train. Flexibilisation du marché du travail, pacte de compétitivité, élargissement des emplois d’avenir au secteur privé, allongement de la durée de cotisations des retraites : François Hollande emprunte les mots et les recettes de la sociale démocratie mais en refuse l’étiquette. "Est-ce que ce serait mieux d'être social-démocrate ? (…) je suis un socialiste qui veut faire réussir la France".

Le remaniement, ce n’est pas pour maintenant. Il avait fait un pas en avant dans Paris Match en confirmant qu’un remaniement du gouvernement aurait lieu. Quand ? Il n’en a pas dit plus, jeudi, se bornant à dire que "ce n’était pas d’actualité". Jean-Marc Ayrault peut en tout cas dormir sur ses deux oreilles. Le "loyal", "courageux" et "désintéressé" remier ministre a été brossé dans le sens du poil présidentiel, comme Manuel Valls ou Christiane Taubira.

Un pari osé. François Hollande ne veut pas changer de ligne. Il a maintenu son cap, et compte s’y tenir. Il a d’ailleurs répété son engagement d’inverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année. S’il réussit, il fera figure de génie, de stratège, et on refera le récit de celui qui avait anticipé la reprise. Mais si son pari échoue, on racontera alors l’histoire de ce président décidément trop optimiste qui s’est fracassé sur la réalité.