Que faut-il retenir de l'interview de Hollande ?

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Que faut-il retenir de l'interview de Hollande ?
@ Capture TF1
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L’ESSENTIEL - Le chef de l’Etat est, pour la première fois, interrogé par des Français lors d’une émission de télévision.

>> Les trois infos à retenir

-          François Hollande a promis qu'"à partir de 2015, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire"
-          Le président a "promis la vérité à la famille de Rémi Fraisse"
-          Le chef de l’Etat a annoncé "15.000 emplois d’avenir supplémentaires"

• "J’ai promis la vérité à la famille de Rémi Fraisse"

Interrogé sur l’affaire Rémi Fraisse, François Hollande a d’abord estimé qu’il s’agit "d’une tragédie, pour sa famille et pour le pays. J’ai promis la vérité à sa famille. Il y aura donc des enquêtes." Le président français a déclaré qu'il aurait d'ici huit jours les conclusions de l'enquête sur la grenade offensive qui a tué Rémi Fraisse. Une deuxième enquête est en cours pour connaître les circonstances de sa mort. Parallèlement, deux juges d'instruction ont été saisis. Ils travailleront "en toute indépendance", a promis François Hollande.

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• "Il y a les douleurs et je les pardonne"

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Est-ce que, dans son pire cauchemar, François Hollande avait imaginé que ce serait si difficile ?  "J’ai voulu être choisi par les Français ! Je savais que ce serait difficile. Je ne me plains jamais. Ce qui est dur, c’est la situation que vivent beaucoup de nos compatriotes. Est-il touché par les critiques ? "Je suis un être normal, avec un cœur, un esprit, des émotions. Mais je suis président donc je dois garder une forme de pudeur. Je ne suis pas masochiste. J’accepte toutes les critiques, même les trahisons. Mais ce que je n’accepte pas, c’est que l’on puisse toucher à la France. Ce qui pour moi est insupportable, c’est ce dénigrement systématique à l’égard de la France. Alors qu’à l’étranger, la France est célébrée". Et de conclure sur la douleur ressentie par son ex-compagne lors de leur séparation : "il y a les douleurs et je les pardonne".

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Quant aux photos avec un casque à la Une de Closer, François Hollande a posé une question : "est-ce que j’ai choisi cette photo ? Non. Je ne veux pas me défausser, mais il y a un moment où il faut respecter la vie privée". Interrogé sur les affirmations de Valérie Trierweiler sur les "sans dents" et son goût du luxe, François Hollande a rappelé avoir "fait la tournée de tous les bistrots de Corrèze pendant 30 ans. Vous croyez que je suis devenu président pour aller dans les grands restaurants ? J’ai consacré toute ma vie aux Français."

• "Un contrat aidé pour les seniors"

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Joëlle Médiavilla, 60 ans, à la recherche d’un emploi depuis deux ans, est la première téléspectatrice à avoir questionné le chef de l’Etat. Et sa question est simple : "que faites-vous pour une femme comme moi ?". François Hollande a commencé par rappeler l’existence de son contrat de génération, alors que seulement 31.000 ont été signés, lui qui en espérait 500.000.

Mais pas seulement : "j’ai demandé à ce que l’on mette la priorité sur la formation des séniors. J’ai proposé aussi que l’on mette les seniors dans l’entreprise pour qu’ils puissent avoir une nouvelle expérience, pour se remettre dans le bain". Et le président d’annoncer la création d’un contrat aidé pour les seniors, "en place dès le début de l'année 2015", et le retour de l'ASS pour les chômeurs à l'âge de la retraite.

François Hollande a également avoir "pu commettre des erreurs", notamment sur le chômage, en pronostiquant une "inversion de la courbe du chômage" pour 2013. "J'avais parlé de l'inversion de la courbe du chômage. Ce n'est pas venu, je m'en suis fait reproche parce que c'était une espérance pour beaucoup, notamment ceux qui étaient demandeurs d'emploi".

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• "Une mission pour simplifier le compte pénibilité"

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Karine Charbonnier, 46 ans, chef d’entreprise qui emploie 650 personnes, a pris la suite de Joëlle. Après l’avoir remerciée de maintenir son activité en France alors qu’elle ferait des économies en s’installant à l’étranger, François Hollande s’est exprimé sur le compte pénibilité, très critiqué par les patrons : "il y a des salariés qui sont dans des métiers pénibles, qui travaillent la nuit, et cela nous a semblé légitime de leur donner une diminution une retraite plus précoce. Après, il faut l’appliquer… c’est compliqué. Donc je vais faire, avec un patron et un parlementaire, une mission pour simplifier tout cela et faire en sorte que cela ne coûte rien à l’entreprise."

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• "15.000 emplois d’avenir supplémentaires"

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Hasen Hammou, 25 ans, qui touche le RSA, a souhaité parler avec le président de l’accompagnement des jeunes diplômés, qui peinent à trouver une solution : "notre premier devoir est de faire en sorte que notre économie marche mieux. C’est difficile pour un jeune d’entrer sur le marché du travail avec une qualification et c’est quasiment impossible quand il n’en a pas. C’est pour cela que l’on a créé les emplois d’avenir." Relancé par Hasen, pas convaincu par l’explication, François Hollande a ensuite annoncé la création de  "15.000 emplois d’avenir supplémentaires, sans conditions de diplôme."

• "En 2016, tous les élèves de 5e seront équipés d’une tablette"

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Catherine Faucheron, 35 ans, qui travaille dans le domaine rural en Champagne-Ardenne, a souhaité aborder le problème de la désertification, notamment dans le domaine scolaire : "je connais bien ce problème puisque j’ai été président de conseil général. Nous allons lancer un grand plan numérique. L’Education nationale, à l’horizon 2017, doit avoir intégré cela. Nous allons commencer par des expériences dès la rentrée 2015. On va commencer par apprendre le codage. En 2016, tous les élèves de 5e seront équipés d’une tablette et auront une formation numérique. Mais il faut aussi que les enseignants soient pleinement impliqués. On a budgétisé cela."

Quant au départ des autres services publics, avec les conséquences que cela a sur les petits commerces ruraux qui ferment leurs portes, François Hollande a appelé à la "solidarité du territoire. La France doit vivre ensemble, et pas divisée entre urbains et ruraux. On ne peut pas laisser penser que des gens sont abandonnés".

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• "A partir de 2015, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire"

Après avoir répondu aux questions des Français, François Hollande a été passé sur le grill par Yves Calvi. Thème de l’échange : la suite du mandat. "Dans 10 ans, la France sera la meilleure. Et pour cela, il faut que les Français soient rassurés sur eux-mêmes et sur leur président. Mon rôle est de les protéger. Manuel Valls est un bon Premier ministre, il applique la politique que j’ai fixée pour la nation. Toutes les réformes engagées, je les ai décidées moi-même. Quand j’ai engagé les forces françaises à l’extérieur, je l’ai décidé moi-même." Quant à l’indécision dont il est taxé par les Français, le chef de l’Etat a rappelé que son "cap, c’est de faire en sorte que la France soit en avance sur son temps sur le numérique, l’énergie et la santé."

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Est-ce que ses réformes vont bientôt porter leurs fruits ? "Je dis souvent qu’un président travaille pour son successeur. C’est souvent vrai", a-t-il reconnu dans un sourire. Quant à la question fiscale, "à partir de l’année prochaine, il n’y aura pas d’impôt supplémentaire sur qui que ce soit", a-t-il promis. Il y a un moment où la classe moyenne ne peut plus accepter de hausse d’impôts. J’en prends l’engagement !"

La jeunesse était la priorité du candidat socialiste. François Hollande a donc rappelé avoir créé des postes d’enseignants. Mais cela ne lui suffit pas. "Il y a trop de jeunes qui quittent l’école dégoutés et vont de galère en galère. A partir du mois prochain, tout jeune de16 à 25 ans sortis du système scolaire pourra revenir à l’école pour avoir une seconde chance, un stage, une formation en entreprise."

• "Vous méritez mieux que le défouloir du FN !"

Marine Le Pen est-elle une adversaire capable de remporter l’élection présidentielle en 2017 ? "Qui peut penser qu’un pays peut basculer dans le populisme ? Pourquoi les Français se tournent vers ce parti ? Parce qu’ils n’en peuvent plus, qu’ils n’y croient plus. Je veux les convaincre que la politique peut agir et que sortir de l’euro et du monde, c’est sortir du 21e siècle. Vous méritez mieux que ce défouloir ! Le 21 avril s’est déjà produit. Ce qui s’est produit peut se reproduire."

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• "La France va déposer sa candidature pour l'exposition universelle"

La France est candidate à l'organisation de l'exposition universelle de 2025, a annoncé jeudi François Hollande, qui s'est également dit favorable à la tenu des Jeux olympiques à Paris en 2024. "Oui la France va déposer sa candidature pour l'exposition universelle. C'et 50 millions de visiteurs" , a déclaré le président sur TF1 et RTL. "Et pour les Jeux olympiques de 2024, je suis favorable à ce que la ville de Paris, si elle en décide, présente sa candidature", a-t-il ajouté. 



• "On voudrait élargir le service civique"

François Hollande s'est dit favorable à l'élargissement du service civique, qui pourrait devenir un service civique "universel", d'une durée de deux ou trois mois, "dans un premier temps" sur la base du volontariat. "Je veux faire cette réforme sur le service civique. Si on pouvait aller plus loin que ce qui se passe aujourd'hui (...) Aujourd'hui, il y a à peu près 35.000 jeunes qui sont en service civique (...) C'est peu, 35.000 (...) on voudrait l'élargir. Qu'on puisse aller vers un service qui pourrait s'appeler universel. On a besoin de cohésion dans notre pays. Il y a plein de personnes qui sont prêtes à donner un peu de temps".

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• Apporter des "améliorations" sur la fin de vie

Après l'émission, François Hollande a répondu à quelques questions d’internautes sur le site de TF1. l'(occasion pour lui d'annoncer  qu'il souhaitait "une loi (...) dans le cadre d'un consensus" apportant "à partir de la loi Leonetti les améliorations nécessaires" sur la fin de vie.

"Je souhaite qu'il y ait une loi qui puisse être préparée dans le cadre d'un consensus. Deux députés ont été mandatés, un député de gauche, un député de droite, c'est un sujet qui pourrait nous intéresser tous", a affirmé le chef de l'Etat.
Le gouvernement a chargé en juin les députés Jean Leonetti (UMP, auteur de la loi précédente, qui interdit l'acharnement thérapeutique) et Alain Claeys, PS) de faire des propositions pour "définir les conditions (...) dans lesquelles l'apaisement des souffrances peut conduire à abréger la fin de vie".