Hollande-Sarkozy : un duel capital

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Hollande-Sarkozy : un duel capital
@ REUTERS
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A J-7, Hollande et Sarkozy montreront leurs muscles dans deux meetings simultanés.

Chacun flanqué à un bout de la capitale, lors de ce dernier dimanche de campagne, François Hollande et Nicolas Sarkozy se livreront ce week-end une "guerre des meetings". A partir de 15 heures, le candidat socialiste rassemblera ainsi des dizaines de milliers de sympathisants,peut-être 100.000 dans le cadre bucolique du château de Vincennes tandis que Nicolas Sarkozy, à la même heure, montrera ses muscles, place de la Concorde, lieu traditionnellement choisi par la droite pour fêter ses victoires électorales.

Evidemment à une semaine, jour pour jour, avant de se confronter dans les urnes, ces démonstrations de force des deux favoris de la présidentielle ont des allures de bras de fer populaire, chacun espérant réunir le plus de sympathisants.

Hollande à 15h30, Sarkozy à 16h 

Côté organisation, les deux candidats n'ont donc rien laissé au hasard. Ils ont prévu de prendre la parole quasi-simultanément. François Hollande à 15h30 après une introduction du maire de Paris Bertrand Delanoë, Nicolas Sarkozy à 16h00 après un long casting de responsables politiques et de "personnalités" tenu secret pour faire monter le suspense. 

En coulisses, permanents et bénévoles ont travaillé d'arrache-pied pour remplir les bus et les trains qui déverseront leurs troupes à Paris et parfaire le "show" de leur champion. A gauche, des groupes musicaux (le leader du groupe Kassav, Jacob Devarieux et l'orchestre "Le Bal") ont ainsi été mobilisés pour "chauffer" la foule attendue sur l'esplanade du Château de Vincennes. L'objectif, un rassemblement "joyeux, populaire, festif, simple".

"Ce n'est pas une démonstration de force agressive (...), ce n'est pas une armée qui vient, c'est une force tranquille qui porte son candidat", a promis le directeur de campagne de Hollande, Pierre Moscovici. "Ce n'est pas non plus une gauche autosatisfaite qui sera là, mais une gauche mobilisée, battante", a-t-il dit, soulignant que François Hollande "mène une campagne pied au plancher et n'a pas l'intention d'arrêter jusqu'au vendredi soir". 

Mobilisation générale 

La mobilisation est identique à droite. D'autant plus que, selon plusieurs membres de l'entourage présidentiel, le rassemblement de la place de la Concorde, où Nicolas Sarkozy avait fêté sa victoire de 2007, a été décidé pour contrer la mobilisation socialiste. "L'idée est de ne pas laisser Hollande faire du monde tout seul à Vincennes à une semaine du premier tour", a concédé un ministre.

Partis plus tard que leurs concurrents de gauche, les organisateurs de l'UMP ont été quelque peu pris de court. Selon les informations d’Europe 1, l’équipe de Nicolas Sarkozy a eu des difficultés pour trouver des bus encore disponibles. La faute au PS qui en a déjà réservé des centaines, il y a déjà plusieurs semaines.

L'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy a donc multiplié les appels à la mobilisation. Les jeunes du parti ont ainsi tracté, vendredi, devant "toutes" les stations du métro parisien. Et depuis une semaine, Nicolas Sarkozy, lui-même, a rappelé son invitation à chacune de ses prestations publiques.

"En avion, en voiture, en covoiturage, en RER, en métro, à vélo, à pied... Tous les moyens de transport seront bons pour rallier la place de la Concorde", a résumé le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.

Mélenchon rigole

L'état-major de campagne du chef de l'Etat espère aujourd'hui secrètement dépasser l'affluence du grand raout de Villepinte le 11 mars (quelque 50.000 participants) et assurait jeudi avoir déjà enregistré 30.000 inscriptions.

Comme au PS, la porte-parole de Nicolas Sarkozy, Nathalie Kosciusko-Morizet, préfère insister sur le contenu politique de l'événement. "Il s'agit de mobiliser nos troupes, bien sûr, mais au-delà, Nicolas Sarkozy veut parler à tous les Français", dit-elle, "lui n'a pas besoin, comme François Hollande, d'organiser un concert pour faire venir des gens qui ne seraient pas venus pour son seul discours".

Ce duel à distance a fait sourire Jean-Luc Mélenchon, un expert en rassemblements géants depuis "sa prise de la Bastille". Le candidat du Front de gauche a ainsi ironisé sur les "autres candidats qui imitent" et vont "maintenant eux aussi occuper les rues et parfois même se risquer sur des places".