Hollande-Sarkozy : un débat au millimètre
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Le débat d'entre-deux-tours est soumis à nombre de règles d'organisation.

C'est un vrai casse-tête. Rien n'a été pris à la légère dans l'organisation du débat d'entre-deux-tours, qui se déroulera mercredi soir. Les équipes de campagne doivent donner leur accord sur tout. Du choix du réalisateur à la position des candidats autour de la table, en passant par le décor, le réglage de la climatisation et la hauteur des sièges, tout a été passé en revue pour ce qui est considéré comme le point d'orgue de la course à l'Elysée. Les derniers détails de cette "charte de réalisation" devraient être conclus mardi, d'après Le Monde. Un rendez-vous millimétré entre les deux candidats en lice pour la présidentielle, qui sera transmis en direct sur plusieurs chaînes de télévision et de radio, dont Europe 1.

Quel sera le décor de ce débat ?

A qui l'honneur ? C'est le CSA qui a tiré au sort l'ordre de passage des candidats. Verdict, François Hollande ouvrira le débat, tandis que Nicolas Sarkozy aura le mot de la fin. Le candidat socialiste apparaîtra sur la moitié gauche de l'écran, dont la partie droite sera réservée au président-candidat.

Les lieux. Le débat se déroulera dans un studio de 900 mètres carrés, à La Plaine-Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, révèle Le Monde.

Le décor. "Sobre et classique" devraient être les maîtres-mots du décor, d'après Le Monde. Signé Olivier Illouz, qui est aussi la griffe Des paroles et des actes, il devrait être noir et blanc et représenter le Palais de l'Elysée en "fond numérique". La lumière a été confiée à Frédéric Dorieux, d'après Télérama. Un spécialiste familier du Grand Journal et des Molières. Le plateau est en cours de finalisation.

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© MAXPPP

2,50 mètres. C'est la longueur du plateau de verre de la table autour de laquelle les deux candidats débattront mercredi, révèle Le Monde. En 2007, la table mesurait trente centimètres de moins.

Côté clim' pour éviter tout désagrément, chaque candidat aura son climatiseur particulier. De la même façon, chacun pourra régler la hauteur de son fauteuil, rapporte Le Monde.

Qui tiendra les ficelles ?

Les journalistes. "Qu'ils choisissent les réalisateurs qu'ils veulent et les journalistes qu'ils veulent", aurait déclaré le président-candidat en marge d'une visite dans les Yvelines. La question a cependant été tranchée et c'est Laurence Ferrari, de TF1, et David Pujadas, de France 2, qui devraient animer le débat. Les deux journalistes seront reliés par une oreillette à Catherine Nayl et Thierry Thuillier, leurs directeurs de l'information respectifs, qui seront installés en régie. Les deux journalistes devraient introduire les thèmes du débat sans relancer les candidats. Ils auront aussi la mission de rappeler le temps de parole. Les candidats seront quant à eux équipés de "micros cravate". Et des compteurs afficheront leur temps de parole, qui sera contrôlé par un membre du CSA. Le débat devrait durer deux heures et demie.

Le réalisateur. Les deux équipes se sont mises d'accord pour confier les rennes du débat au réalisateur Jérôme Revon. C'est déjà lui qui avait réalisé le débat qui opposait Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy en 2007, explique L'Express. Bien que rompu à l'exercice, Jérôme Revon n'en néglige pas moins la difficulté. Il s'agit de "la réalisation la plus simple, la plus sobre et la plus écrite de toute l'histoire de la télévision, mais la pression est très forte, car il ne faut rien négliger", a-t-il confié au Monde.

Les réalisateurs adjoints. Chaque équipe a choisi un adjoint pour Jérôme Revon. Le PS a jeté son dévolu sur Tristan Carné, qui a notamment réalisé les images du meeting de François Hollande au Bourget en janvier dernier et The Voice, d'après le Nouvel Obs'. Et l'UMP a choisi de faire confiance à Yves Barbara, le réalisateur de Thalassa, qui officie à la "cellule image" de l'Elysée depuis 1984. "Le président aime beaucoup Thalassa", confiait au Monde Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, en février dernier.

Comment seront filmés les candidats ?

Aucun "plan de coupe en gros plan". C'est "la" règle qui devra être scrupuleusement respectée, comme depuis 1974, explique Le Monde. Les réactions des candidats, lorsque leur adversaire est en train de s'exprimer, ne doivent pas être filmées en gros plan. Les réalisateurs adjoints devront ainsi "veiller au bon respect" de la "charte" et pourront décider de plans plus ou moins larges sur leurs candidats respectifs.

En 2007, les plans avaient été plus serrés sur Nicolas Sarkozy pour écarter sa montre qui faisait du bruit lorsqu'il posait le poing sur la table. Version 2012, Yves Barbara aurait demandé à ce que Nicolas Sarkozy ne soit pas filmé de profil. De son côté, Tristan Cané devra éviter les reflets sur les lunettes du candidat socialiste.

Combien de caméras ? Ce sont quelque vingt caméras qui devraient immortaliser le débat. Une grue effectuera les plans larges. Une caméra "zénithale" devrait être fixée au-dessus de la table. Et trois caméras portables devraient filmer l'arrivée des candidats, et leurs invités qui regarderont le débat des loges des candidats. Une régie de secours a été prévue en cas de panne du dispositif.

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