Hollande opéré : la classe politique fait bloc

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Hollande opéré : la classe politique fait bloc
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RÉACTIONS - La classe politique soutient le choix fait par Hollande au nom du respect de la vie privée.

Le débat. François Hollande a choisi de ne pas parler de son opération à la prostate intervenue en février 2011, deux mois avant de se déclarer officiellement candidat à la primaire socialiste pour la présidentielle. Et comme cela avait été le cas avec chacun de ses prédécesseurs - qui ont tous eu à des degrés différents un problème de santé - le débat ressurgit : un président et plus généralement, un responsable politique doit-il, au nom de la transparence, dévoiler tous les détails de son dossier médical ? Faut-il, au contraire, considérer que la santé relève de la sphère privée ?

"Dérive". Jean-Marc Ayrault, invité sur RTL, a confirmé l'opération, sans vouloir en dire plus. "Je n'ai pas à donner des informations qui relèvent de la vie privée", a commenté le Premier ministre, rappelant que François Hollande n'était pas "président de la République quand il a eu cette petite opération bénigne". "Le nombre de Français hommes qui sont confrontés à des problèmes de prostate à partir de la cinquantaine, c'est assez banal", a-t-il commenté, une pointe d'exaspération dans la voix. "Ne faut-il pas respecter ça ? Est-ce qu'on est toujours obligé d'étaler la vie privée ?", s'est emporté le chef du gouvernement, dénonçant "une dérive". "Au nom de quoi rendre publiC quelque chose qui relève du privé et n'a aucune conséquence sur la vie publique?", a-t-on plaidé dans l'entourage du président.

Un droit au "secret médical". D'autres responsables politiques ont défendu le choix de François Hollande de taire cette opération au nom d'un droit au secret médical. A la sortie du Cons eil des ministres, c'est la ministre de la Santé Marisol Touraine qui est monté au créneau pour défendre ce principe."Encore une fois, le principe du secret médical s'applique à tous. Ce qui compte, c'est que le président de la République soit à même d'exercer ses fonctions, et c'est le cas" (...) Même chose pour un candidat à l'Elysée. "Soit le candidat considère que certains évènements de santé altèrent ou sont susceptibles d'altérer sa capacité à mener campagne, et il en tire les conséquences. Soit ce n'est pas le cas, et je considère que tout cela n'a pas à entrer dans le champ public", a indiqué Marisol Touraine. "Refuser à quiconque, fût-il président de la République, le droit au secret médical au nom d'un voyeurisme sans objet, conduit inéluctablement à la disparition d'un droit fondamental pour chacun d'entre nous", a, pour sa part, mis en garde le député PS Jean-Marie Le Guen, lui-même médecin.

Un besoin d'établir des règles. Le président du MoDem, François Bayrou a préconisé  sur Europe 1 "une règle très simple" en matière de santé des présidents, faute d'avoir un texte de référence en la matière. "Ou bien il n'y a aucune conséquence sur la santé et à ce moment-là, le droit à la vie privée doit être respecté, ou bien, ça peut avoir une conséquence, auquel cas, il est du devoir du président de la République de le faire savoir et de prendre les conséquences qui s'imposent", a estimé l'ancien candidat à la présidentielle.

Mais où commence la transparence ?  La classe politique a, dans l'ensemble, défendu le choix de François Hollande de ne rien dire de cette opération qualifiéE de "bénigne" par l'Elysée. Excepté l'ancien ministre UMP Eric Woerth, qui considère que toute intervention médicale ou problème de santé doit être révélé. "Il y a une règle qui est la transparence pour le chef de l'Etat concernant sa santé", a assuré le député de l'Oise. Une règle qui, comme on vient de le voir, est pourtant tout sauf une évidence. Sur son compte Twitter, l’ancien François Fillon a laissé entendre qu'il défendait aussi le président Hollande au nom du respect à la vie privée. "Santé du Président de la République : la transparence oui, la décence aussi !", a tweeté l'ancien Premier ministre.

Sur son compte Twitter, le député-maire UMP d'Antibes Jean Leonetti, résume le débat actuel, aujourd'hui sans réponse précise. "Les limites de la transparence. Si c'est bénin, on ne le mentionne pas et si c'est grave, on ne le révèle pas".