Hollande met Montebourg de côté dans le dossier Alstom

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L’INFO POLITIQUE - Le président a décidé de prendre en main ce sujet sensible.

L’INFO. L’affaire de la vente d’Alstom est sensible. Elle est donc traitée en haut lieu. Lundi, François Hollande a ainsi reçu à l’Elysée le patron de General Electric, de Siemens et l’actionnaire d’Alstom, Martin Bouygues. Et selon Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1, Arnaud Montebourg a dû laisser sa place en première ligne sur ce dossier.

"C’est du niveau du chef de l’Etat". Une petite phrase lâchée dans l’entourage du chef de l’Etat confirme la mise à l’écart du ministre de l’Economie :"vous savez, il ne faut pas sur-interpréter les propos d’Arnaud Montebourg". Comprendre : quand ce dernier donne l’impression d’avoir fait le choix de l’Allemand Siemens au détriment de GE, l’Elysée s’empresse de tempérer. "Le sujet est devenu très vite hautement symbolique, c’est du niveau du chef de l’Etat", décrypte un conseiller du palais. Pas question de laisser un sujet aussi sensible, qui concerne 18.000 emplois en France, dans les mains de l’insaisissable Arnaud Montebourg. Trop risqué.

Dès jeudi, alors que personne n’avait vu venir les Américains de GE, le conseiller économique de François Hollande, Emmanuel Macron, avait reçu le patron d’Alstom discrètement , et en urgence. L’affaire est menée par l’Elysée, même si, pour la forme, Arnaud Montebourg a assisté aux rendez vous avec les capitaines d’industrie qui se sont tenus au château. "François Hollande sait de toute façon que, politiquement, c’est lui qui sera jugé", assure l’entourage du président pour justifier son interventionnisme.

Ne pas faire moins bien que Sarkozy. Politique, le sujet l’est assurément. Européen, aussi. Berlin pousse pour arriver à une entente entre Alstom et Siemens. Et François Hollande ne peut pas donner le sentiment de laisser gagner GE sans tenter la solution européenne. Voilà aussi pourquoi il ne pouvait pas rester spectateur sur ce dossier. Une autre explication tient davantage du symbole : François Hollande sait qu’Alstom a été le succès de Nicolas Sarkozy, en 2004, et il fera tout pour que ce ne soit pas perçu comme son échec.

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