Hollande et le paradoxe du technocrate

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Hollande et le paradoxe du technocrate
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L’INFO POLITIQUE - Le président est aussi empathique à l’étranger qu’il apparaît technocratique en France.

Contexte. L’homme a été touché autant que le président. Alors "dès que la situation sera stabilisée", François Hollande retournera en Centrafrique, a révélé Europe 1 lundi matin. Sa visite à Bangui, la semaine dernière, a profondément marqué le président français. "Pendant 30 ans, il y a eu un certain nombre d'opérations militaires françaises en Centrafrique, mais c’était  tantôt pour soutenir un dictateur, tantôt pour le renverser. Aujourd’hui, c’est pour sauver des vies humaines, c’est toute la différence", explique-t-il. Mais si le chef de l’Etat parvient sans peine à transmettre son émotion hors des frontières, il n’y parvient pas sur le sol français, analyse Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1.



Touché, le Président veut retourner en...par Europe1fr

"J’ai mal pour lui". C’est là un paradoxe que l’un de ses amis de longue date reconnaît sans fard : "quand je le vois en France à la télé, j’ai mal pour lui. Il est tellement techno, incapable d’exprimer de l’empathie". Loin, très loin de l’image du président ému au Mali, et qui confiait alors vivre "le plus beau jour de [sa] vie politique." Pour Caroline Roux, c’est comme si deux François Hollande coexistaient : "l’un tellement corseté et techno pour parler à la France qui souffre, l’autre tellement engagé et combatif pour répondre à la barbarie en Afrique." Et de conclure : "c’est une forme de schizophrénie politique".

Et que pensent les Français de ce paradoxe ? Selon un sondage de l’institut BVA pour i>Télé et Le Parisien-Aujourd'hui en France publié samedi, un Français sur deux fait confiance à François Hollande pour mener l'intervention militaire en Centrafrique. Bien plus que son score en politique intérieure, où seulement 23% des Français sont satisfaits de son action. Une façon de lui signifier, selon Caroline Roux, que personne ne lui en voudra de réussir à l’étranger, de s’émouvoir de la barbarie... "si dans le même temps il parvient à afficher la même autorité pour conduire les réformes sur le sol national, et le même engagement pour régler les situations indignes, et révoltantes à quelques kilomètres de l’Elysée."