Hollande et Juppé à couteaux tirés

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Hollande et Juppé à couteaux tirés
France 2 : François Hollande conjure la tentation de l'arrogance@ CAPTURE FRANCE 2
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VIDEO - Ce qu’il ne fallait pas rater de l’interview de Hollande, jeudi soir sur France 2.

"Sur le plan de la bataille, il vaut mieux garder son armure, parce que des coups, les membres de la majorité m'en ont donnés et ils m'en donneront encore". François Hollande s’est voulu, jeudi soir, combatif et "solide", lors de son passage à Des paroles et des actes sur France 2. Que fallait-il retenir de cette interview ? Europe1.fr vous guide et résume ici l’émission en sept points.

>> Le slogan : "Je suis un homme de solutions"

"Je ne suis pas un homme de problèmes, je suis un homme de solutions", a insisté François Hollande alors interrogé sur son attitude face aux conflits, qu'il est réputé ne pas aimer. "J'essaye de résoudre les conflits, je ne les recherche pas, je ne les suscite pas", a précisé l’élu socialiste qui avait visiblement  à cœur de se présenter en candidat crédible.

>> Le tacle : Sarkozy, c’est du "passé"  

"Je veux parler de l'avenir. Le passé ne m'intéresse plus", a lâché François Hollande, alors qu'il était appelé à commenter l’absence du nom "Nicolas Sarkozy" dans ses derniers discours. Le candidat du PS à l'Elysée a ensuite prédit que la page Sarkozy serait "tournée", comme François Mitterrand avait tourné celle de Valéry Giscard d'Estaing, en 1981. François Hollande a tenu à apporter une précision sur le président : "je ne veux pas être dans un rapport obsessionnel par rapport à lui. S’il ne se représentait pas, cela ne changerait rien à ma campagne", a-t-il indiqué.

>> La passe d’armes : Juppé et "l’arrogance"

C’est le ministre Alain Juppé qui avait la charge d’apporter la contradiction au candidat socialiste. Très mordant, il a accusé François Hollande de faire de Nicolas Sarkozy "une méchante caricature" et de faire preuve d'arrogance : "Vous êtes un peu trop sûr d'avoir tourné la page".

S'interrompant souvent, s'apostrophant à plusieurs reprises, les deux adversaires se sont rapidement enlisés dans un débat sur le budget. Pas avare de piques, François Hollande a répliqué aux attaques d'Alain Juppé en lui lançant qu'en matière d'arrogance "chacun a à faire son examen de conscience : vous avez des rechutes possibles". 

>> La promesse : "aider Lejaby jusqu'au bout"

François Hollande a assuré que s'il était président de la République, il chercherait à trouver un repreneur pour l'usine Lejaby d'Yssingeaux, en Haute-Loire, qui doit fermer, assurant "nous les aiderons jusqu'au bout". "Ces salariées de Lejaby, ces femmes qui ont trente ans d'expérience, qui ont un talent pour la couture, on va les laisser comme ça ? On va leur payer des indemnités de chômage jusqu'à 60 ans ? (...) Moi je m'y refuse !" a lancé le candidat.

>> Sa prédiction : Bayrou ne sera pas dans son gouvernement

En cas de victoire à l'élection présidentielle en mai prochain, François Hollande se dit prêt à gouverner avec tous ceux qui l'auront soutenu au second tour. Il s'est dit "sûr" que les écologistes, dont la candidate Eva Joly est créditée de 3% des voix au maximum au premier tour, franchiraient le pas mais il a émis des doutes sur la participation du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. "Après, ils diront s'ils veulent entrer au gouvernement, je ne veux forcer personne", a-t-il dit. En revanche, le président du MoDem François Bayrou appartient, selon lui, à un autre cas de figure. "François Bayrou trouve que mon projet n'est pas bon, il l'a dit. Donc, je ne vois pas comment il pourrait participer à un gouvernement pour appliquer un projet qu'il ne trouve pas bon", a analysé François Hollande.

>> La confidence : "l’harmonie" et "le régime"

Interrogé sur sa récente perte de poids, François Hollande a confié, qu’il avait voulu, à un moment se montrer "présentable pour se présenter". "Ce n'était pas de la communication, c'était être en harmonie avec moi-même", a-t-il ajouté.

>> La petite phrase : "La mayonnaise, il faut éviter..."

"Quand la mayonnaise prend, il faut éviter qu'elle retombe et ça peut tourner, donc c'est une attitude que je ne cesserai d'avoir, c'est celle du respect des Français." Favori des sondages à trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, François Hollande a voulu jeudi soir se montrer prudent quant à ses chances d'entrer à l'Elysée en mai.