Hollande délaisse Paris pour Bérégovoy

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Hollande délaisse Paris pour Bérégovoy
Refusant d'entrer dans la polémique sur le "vrai travail" voulue par Nicolas Sarkozy, François Hollande a décidé de prendre de la distance : il est dans la Nièvre poru rendre hommage au Premier ministre Pierre Bérégovoy.@ REUTERS
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Point de "défilé derrière les drapeaux rouges" : le candidat rend hommage à l’ex-Premier ministre.

Alors que quasiment toute la classe politique se presse à Paris pour participer aux multiples défilés prévus à l’occasion du 1er mai, François Hollande a décidé de prendre l’actualité à contre-pied en se rendant à Nevers, dans la Nièvre, pour rendre hommage à Pierre Bérégovoy.

Éviter la foule parisienne

Si une bonne partie de l’état major socialiste sera bien à Paris, François Hollande sera plus au Sud, à Nevers exactement, pour rendre hommage à Pierre Bérégovoy. François Hollande doit se rendre dans la ville où l’ancien Premier ministre Pierre Bérégovoy s'est suicidé en 1993. Il s’agit "d’une cérémonie à laquelle je veux me rendre" a-t-il confié lundi.

C'est aussi une manière pour le candidat socialiste de s’extirper des polémiques sur le 1er mai. "Je ne considère pas que les politiques doivent interférer" dans la fête du travail, a-t-il argumenté, avant de "regretter que Nicolas Sarkozy en fasse un instrument, là encore, de conflit".

Attaqué sur son idée d’organiser une manifestation pour le "vrai travail", le président-candidat Sarkozy a en effet rapidement répliqué en pointant son adversaire, qui "défilera derrière les drapeaux rouges de la CGT. François Hollande défilera à ce moment-là avec ceux qui divisent la France, et moi je parlerai à vous, devant une marée de drapeaux tricolores".

Bérégovoy, éphémère Premier ministre à la fin tragique

Pierre Bérégovoy était le Premier ministre de François Mitterrand depuis un peu moins d’un an lorsqu’il a été retrouvé inanimé sur la berge du canal de la Jonction, victime d’une balle tirée en pleine tête.

En lutte contre la corruption et favorable à une réforme du financement des partis politiques, Pierre Bérégovoy avait fait sensation en le 8 avril 1992 en brandissant devant les députés une liste sur laquelle aurait été écrit les noms d’hommes politques ayant enfreint la loi.

Le Premier ministre avait ensuite été lui-même pointé du doigt, accusé d’affairisme et d’avoir bénéficié d’un prêt à des conditions très avantageuses. Les enquêteurs ont donc expliqué son décès par un suicide, alors que d’autres voix soulignent qu’il aurait été victime de personnes se sentant visées par sa lutte contre la corruption politique. Suicide ou assassinat dûment préparé : le doute persiste encore aujourd’hui sur les circonstance de ce décès.

Célébrer Bérégovoy, un symbole

Seule certitude, Pierre Bérégovoy incarne une certaine vision de la gauche. Il s’agit d’abord d’un ouvrier fraiseur doté d’un simple CAP ayant grimpé tous les échelons de l’appareil d’Etat pour diriger Matignon.

C’est ensuite un grand artisan du rassemblement de la gauche qui a permis à François Mitterrand de devenir le premier président socialiste de la Ve République en réconciliant l’économie de marché et le socialisme. Autant de symboles que François Hollande souhaite célébrer, tout en évitant l’embouteillage politique des défilés du 1er mai à Paris.