Aux Antilles, Hollande a la COP 21 dans le viseur

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

François Hollande a entamé vendredi sa tournée dans la Caraïbe à Saint-Barthélemy et Saint-Martin. 

François Hollande a entamé vendredi sa tournée dans la Caraïbe à Saint-Barthélemy et Saint-Martin, deux petites îles des Antilles françaises. Samedi et dimanche, c'est en Martinique et en Guadeloupe qu'il participe à deux grands rendez-vous internationaux sur le climat et la mémoire de l'esclavage. "Merci d'être ici (...) Merci d'avoir attendu si longtemps", a lancé le chef de l'Etat, arrivé à 17h locales (23h à Paris), et chaleureusement accueilli par une centaine d'habitants et touristes à la sortie du petit aérodrome de Gustavia.

La COP 21 dans la viseur. Le chef de l'Etat est allé lancer la mobilisation sur le climat pour la Conférence climat qui se tiendra à Paris à la fin de l'année. Lors de cette réunion régionale sur le climat, il sera de 30 chefs d'Etat ou de gouvernement de la Caraïbe, tous unis autour d'une même cause : faire que la COP 21 se solde par un succès.

Pour réussir ce défi difficile, François Hollande applique sa méthode de campagne électorale : aller chercher chaque voix avec les dents. Pour ce déplacement, son but est de rassembler 30 soutiens d'un coup et si possible de lancer un appel de Fort-de-France. Il mise beaucoup sur les dirigeants caraïbéens, en première ligne des bouleversements climatiques avec notamment la multiplication des ouragans.

L'obsession climat de François Hollande ne le quittera pas en arrivant à Cuba. Le président français garde en tête le discours historique tenu en 1992 par Fidel Castro à Rio de Janeiro au Brésil. Le révolutionnaire cubain avait dit : "Demain, il sera trop tard pour faire ce qu'on aurait dû faire il y a longtemps". La phrase avait marqué les esprits. François Hollande voudrait obtenir lundi une déclaration officielle de Cuba en faveur d'un objectif ambition pour la conférence climat de 2015.

A la Guadeloupe, où François Hollande inaugurera le 10 mai un grand centre de mémoire sur l'esclavage, à l'occasion de la journée qui lui est consacrée, il a été devancé par plusieurs initiatives locales remettant sur le devant de la scène le sujet des réparations, auxquelles le président est opposé. Me Roland Ezelin, avocat en Guadeloupe, a notamment indiqué à l'AFP que "deux assignations ont été lancées devant les tribunaux de grande instance de Basse-Terre et de Pointe-à-Pitre" par "des citoyens tous descendants d'esclaves", demandant réparation à l'Etat pour le "préjudice" découlant de la traite négrière et de l'esclavage. "Il y aura une vague de plaintes", a déclaré un autre avocat membre d'un collectif qui assure la défense des plaignants. Le Comité international des peuples noirs (CIPN) devrait prochainement se greffer à cette procédure, selon sa présidente Jacqueline Jacqueray.

Les représentants de la Caraïbe, ainsi que les présidents du Sénégal (Macky Sall), du Mali (Ibrahim Boubacar Keïta) et du Bénin (Thomas Boni Yayi), pays de départ de la traite négrière, rejoindront François Hollande à Pointe-à-Pitre pour inaugurer le Mémorial ACTe, "le plus grand centre du monde consacré à l'esclavage", selon l'Elysée, qui aborde aussi les résistances, les modes de vie, les abolitions et les formes modernes d'esclavage.