Herman Van Rompuy, un président modeste pour l’UE

  • A
  • A
Herman Van Rompuy, un président modeste pour l’UE
Partagez sur :

Le premier ministre belge a été choisi jeudi à Bruxelles. La Britannique Catherine Ashton va, elle, diriger la diplomatie européenne.

C'est le nouveau visage de l'Union européenne : le premier ministre belge Herman Van Rompuy a été désigné jeudi pour devenir le premier président permanent de l’Union européenne. Le choix a été annoncé officiellement au terme d'un dîner des dirigeants européens organisé à Bruxelles. Herman Van Rompuy reste peu connu sur le Vieux continent et n'aura pas la tâche facile pour faire mieux entendre la voix de l'Europe dans le monde.

Pour être désigné, Herman Van Rompuy a en fait bénéficié du soutien de poids de la France et de l'Allemagne.Le premier ministre belge est "profondément européen", c'est "un homme extrêmement décidé qui sait où il va, un parfait connaisseur de la politique européenne", a insisté Nicolas Sarkozy, assurant qu'il ne s'agissait pas d'un choix "par défaut". Pourtant, d'autres noms circulaient, à commencer par celui de l'ancien premier ministre britannique Tony Blair. Londres a finalement cédé.

Qui est Herman Van Rompuy ? A 62 ans, il est un dirigeant de centre-droit discret. Mais il a réussi, depuis près d'un an à la tête du gouvernement belge, à préserver l'unité d'une coalition gouvernementale précaire. Herman Van Rompuy "a apporté une période de stabilité en Belgique après des mois d'incertitude", a commenté l'actuel premier ministre britannique, Gordon Brown. Son profil: celui d’un habile négociateur, un homme de consensus. A la différence d'un Tony Blair qui faisait figure de quasi-homme d’Etat déjà bien installé sur la scène internationale.

Dès sa première déclaration, Herman Van Rompuy a d'ailleurs prévenu : il a affirmé vouloir rester "discret" et ne pas se répandre en interviews dans les médias. Il a aussi précisé qu'il voulait se contenter, dans sa fonction de président du Conseil, d'un rôle de facilitateur de compromis entre les pays de l'UE. Seule prise de position : il s'est dit favorable à la poursuite de l'élargissement de l'UE, une manière de répondre à ceux qui l'accusent d'être un opposant à l'entrée de la Turquie.

Au cours des négociations, au-delà de Tony Blair, une autre Britannique a réussi à tirer son épingle du jeu. Il s'agit de Catherine Ashton qui a été désignée Haut représentant aux affaires étrangères de l'UE, c’est-à-dire pour devenir la chef de la diplomatie européenne. Catherine Ashton est actuellement commissaire européenne chargée des dossiers commerciaux. "J'ai été la première femme britannique commissaire européenne, la première femme commissaire au Commerce. Je suis fière d'être la première femme Haut représentant de l'UE aux Affaires étrangères", a-t-elle déclaré, demandant simplement à être jugée sur ses actes.

Côté français, à noter la nomination du diplomate Pierre de Boissieu comme secrétaire général du Conseil européen, un poste administratif clé dans les rouages de l'Union européenne.