Héritage chrétien : "A quoi sert ce discours" ?

  • A
  • A
Héritage chrétien : "A quoi sert ce discours" ?
@ REUTERS
Partagez sur :

PS, PC et Parti de gauche fustigent le discours du chef de l’Etat au Puy-en-Velay.

Le discours de Nicolas Sarkozy au Puy-en-Velay sur "l'héritage chrétien" de la France passe mal dans l’opposition. Un débat "électoraliste et anti-islam", dénoncent en chœur les dirigeants de gauche, du Parti socialiste au Parti communiste, en passant par le Parti de gauche.

Premier à dégainer, le co-président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, pour qui Nicolas Sarkozy "s’est drapé dans la laïcité pour mieux la mettre à bas". "En vantant l'héritage chrétien, il ignore les siècles de luttes du peuple français pour s'affranchir de la tutelle de l'Eglise. Il passe sous silence la rupture de la Révolution française", poursuit-il.

Sarkozy, "commentateur de l’histoire"

Au PS, le député de Seine-Saint-Denis Claude Bartolone, le juge "hors sujet". "A quoi sert ce discours ?" s’interroge le président du Conseil général de Seine-Saint-Denis. "Les Français attendent un président de la République acteur et pas commentateur de l’Histoire".

Quant à la volonté du chef de l'Etat qui se pose en défenseur de "la France que nous aimons", le députés socialiste Jean-Christophe Cambadélis, proche de Dominique Strauss-Kahn, juge le procédé un peu facile : "le président de la République, qui est depuis dix ans enfermé dans les palais nationaux, fréquentant de temps en temps des manifestations publiques où les gens sont triés sur le volet, ne sont pas la France. Il veut simplement ces voix".

Même tonalité au Parti communiste français. "Le président de la République vient d'inventer la laïcité double-face. Face A, il stigmatise l'islam et les musulmans. Face B, il glorifie le catholicisme et cherche à flatter grossièrement les chrétiens (...). Il n'en finit pas de s'empêtrer dans un numéro de duettiste insupportable et délibéré avec Marine Le Pen tranche le parti dans un communiqué.

Vendredi matin, le député Yves Jego, vice-président du Parti radical, a proposé sur Europe 1 la création d'une haute autorité de la laïcité pour dépassionner le débat.