Hénin-Beaumont, l'espoir de Le Pen

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Hénin-Beaumont, l'espoir de Le Pen
@ Reuters
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Le Conseil constitutionnel va trancher sur la légalité du scrutin de juin dernier.

L’info. Le Conseil constitutionnel a annoncé mardi sur son site internet qu'il tranchera, vendredi, sept recours contre des élections législatives de juin dernier, dont celui déposé par Marine Le Pen pour la 11e circonscription du Pas-de-Calais.

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© MAXPPP

Pourquoi un recours ? Le socialiste Philippe Kemel, qui a réussi à l’emporter malgré la présence de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen, a recueilli le 17 juin dernier 26.812 voix contre 26.694 à la présidente du FN. Soit une avance dérisoire de 118 voix. S’il constatait des irrégularités, même en faible nombre, le Conseil constitutionnel pourrait être davantage tenté d’invalider que dans une circonscription où la victoire a été beaucoup plus large.

Le Front national dénonce notamment une soixantaine de signatures qui auraient changé entre le premier et le second tour. "Dans la ville de Carvin dont M. Kemel est maire, où les signatures sont différentes du premier au deuxième tour, certains ont même signé avec des croix sur certaines listes d'émargement puis il y a eu des manœuvres d'intimidations sur le marché de Méricourt", a accusé Marine Le Pen face aux caméras.

Les craintes de Le Pen. La semaine dernière, la présidente FN s'est déclarée "inquiète" pour sa requête. Selon elle, "les difficultés que vit aujourd'hui l'UMP risquent de pousser un certain nombre de membres du Conseil constitutionnel, dont vous savez qu'ils ont un lien très proche avec l'UMP, à ne pas considérer en droit la résolution de ce recours" pour ne pas lui redonner une chance d'entrer à l'Assemblée nationale. "Si le Conseil constitutionnel n'annule pas cette élection, ce sera une décision exclusivement politique", avait-elle ajouté.

Les hésitations de Mélenchon. Il avait choisi Hénin-Beaumont pour barrer la route de l’Assemblée nationale à la patronne du FN. Et aussi - surtout, diront ses détracteurs - pour s’offrir une belle vitrine médiatique. Sa défaite été dure à encaisser, et le leader du Front de gauche hésiterait à remonter à nouveau sur le ring. Dans son entourage, on lui déconseille fortement. Le tribun a une certitude, qu’il a même exprimée à haute voix : "s'il y a eu triche, Marine Le Pen a un boulevard".

Et si, et si… Dans la double hypothèse où l’élection de Philippe Kemel était invalidée et que Marine Le Pen remportait la législative partielle - qui doit être organisée dans les trois mois -, la présidente du FN ne serait pas sûre pour autant de rester longtemps dans l’hémicycle.

Pendant la campagne, ses militants ont en effet diffusé un faux tract, qui a ensuite fait l’objet d’une plainte de Jean-Luc Mélenchon.

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Ce document a fait la fierté de Marine Le Pen, pour qui "c’est un coup de pub, une idée créative que j’ai trouvé extrêmement intéressante". N'en déplaise à la patronne du FN, une audience est prévue pour le 28 mars 2012, et Marine Le Pen pourrait être frappée d’inéligibilité. Dans ce cas de figure, une troisième élection devrait alors être organisée…