Hamon : "faire un effort de pédagogie"

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Hamon : "faire un effort de pédagogie"
Benoit Hamon était l’invité du Grand Rendez-vous Europe1, Aujourd'hui en France et iTélé.
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Le ministre répond aux critiques adressées au gouvernement. Et promet "des mesures concrètes".

Calmer les impatiences et marteler le soutien à Jean-Marc Ayrault, telle semble être la mission du moment de chaque membre du gouvernement. A la veille de la remise du très attendu rapport Gallois, Benoit Hamon était l’invité du Grand Rendez-vous Europe1, Aujourd'hui en France et iTélé. L’occasion pour le ministre chargé de l'Economie sociale de revenir sur tous les sujets qui font l’actualité

Le rapport Gallois
Benoît Hamon a estimé qu'une diminution de 30 milliards des cotisations salariales et patronales, comme demandé par les patrons du CAC 40 et que pourrait préconiser le rapport Gallois, créerait "un choc qui serait un choc de pouvoir d'achat immédiat" pour les Français. Ce "choc" se traduirait selon lui "par des capacités à consommer des Français beaucoup moins importantes, puisqu'ils devraient payer plus de CSG et de TVA".


Sans s’en écarter trop fortement, le ministre a également précisé que le rapport Gallois "est une contribution, c'est le gouvernement qui gouverne".

La TVA restauration
 Thomas Thévenoud, député socialiste, est l’auteur d’un rapport prônant une hausse de la TVA dans la restauration. "Le rapport n’est pas la position du gouvernement", a rappelé en préambule Benoît Hamon, légèrement agacé. "Cet excellent parlementaire s’est penché sur les contreparties à la baisse de la TVA dans ce secteur. Et certains n’ont pas tenu leurs engagements", a-t-il estimé, annonçant que Sylvia Pinel, ministre du Commerce, est elle aussi en train d’évaluer la situation.

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"Cette mesure coûte incontestablement cher", a admis le ministre avant d’annoncer que "la TVA restaurateur ne va pas augmenter dans l’immédiat sinon ce serait prévu dans le projet de loi de finances et ce n’est pas le cas. Cela n’empêche pas qu’il n’y a aucun sujet tabou. Il n’y a personne dont la situation soit sanctuarisée."
 
 Travailler le dimanche ?
 Alors que Bricorama a été condamné cette semaine pour ne pas avoir respecté les restrictions en vigueur, Benoît Hamon a justifié son opposition au travail dominical : "ce n’est pas parce que les magasins sont ouverts plus longtemps que les gens auront plus d’argent ! Le seul loisir ne doit pas être d’acheter et consommer. Je suis favorable à ce que le travail du dimanche reste dérogatoire car ça ne changera rien."

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Les critiques de l’opposition
 "Hollande n’est pas au niveau", tel est le jugement de Jean-François Copé dans Le Parisien, dimanche. Une attaque à laquelle a réagi avec force le socialiste, s’appuyant sur le bilan de la précédente majorité à laquelle a appartenu l’élu de Meaux : "il a soutenu un gouvernement, une belle équipe de professionnels, qui nous a laissé 600 milliards d’euros de dette supplémentaire, 400.000 pauvres de plus et un million de chômeurs en plus. Que Copé révise ses fondamentaux et révise le bilan qu’il nous laisse !" Et de conclure son offensive contre le secrétaire général de l’UMP par l’ironie : "Copé est né à la politique il y a quelques mois, c’est une oie blanche qui a tout oublié…"

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Les critiques au sein de la majorité
Pierre Laurent, patron des communistes, juge dans le JDD que "le gouvernement n’est pas à la hauteur" ? "Il a tort de nous faire un procès au bout de cinq mois", a regretté Benoît Hamon, qui considère cependant utile la contribution des autres forces de la gauche. "Mais je pense qu’il fait regarder les chantiers du président, qui n’a pris personne en traitre : tout était dans son projet !", a-t-il précisé.

Les critiques des amis de François Hollande, qui réclament davantage de "pédagogie" ? "Le cap, tout le monde le connait, il a été fixé et nous mettons en œuvre cet agenda là. Certains de nos amis sont impatients, je ne le prends pas comme une remise en cause. Si on doit être plus pédagogue, on va faire un effort", a promis le ministre de la Consommation.

Mariage homosexuel
Le sujet divise au sein même de la majorité. Et samedi, Mgr Vingt-Trois a de nouveau répété l’hostilité de l’Eglise au mariage pour tous. "Cela ne me choque pas que les uns et les autres s’expriment. Le débat aura lieu", a assuré Benoit Hamon, avant de faire connaître sa position sur le sujet. "Je suis favorable à l’adoption, mais très défavorable aux mères porteuses. Le droit à l’enfant est quelque chose qui me choque. La gestation pour autrui fait intervenir un tiers et je suis défavorable à ce droit à disposer du corps d’un autre pour avoir un enfant."