08/11/2017 - 12h12

Guyane : Hulot "pas favorable" à un projet de mine d'or soutenu par Macron

Nicolas Hulot s'est prononcé mercredi contre un projet de mine d'or géante en Guyane auquel le chef de l'Etat a plusieurs fois apporté son soutien, notamment lors de son dernier voyage dans le département d'Outre-mer fin octobre.

Promesse de 4.000 emplois. La "Montagne d'or" doit entamer les opérations d'extraction au coeur de la jungle guyanaise en 2022. Le consortium en charge de la future mine, composé des entreprises russe Norgold et canadienne Colombus Gold, promet la création de près de 4.000 emplois directs et indirects liés à cette activité. "C'est un projet qui, sur ses fondamentaux, peut être bon pour la Guyane", déclarait Emmanuel Macron fin octobre lors d'une interview aux médias locaux Guyane 1ère et ATV. "Je souhaite que la Guyane puisse réussir avec ses atouts et je ne suis pas pour mettre la Guyane sous une cloche. Mais avec des exigences et des contraintes", avait-il poursuivi.

Un "désastre sanitaire et écologique". Parmi ces contraintes, "l'excellence des critères environnementaux", alors que le projet est critiqué par plusieurs associations écologistes. "Ce chantier gigantesque, gouffre financier, inutile et insensé, risque fort de conduire à un désastre sanitaire et écologique pour les générations futures", a déploré le collectif "Or de question" dans une lettre ouverte adressée fin mai au président de la République.

"Pas vraiment fait pour créer de l'emploi", estime Hulot. Mercredi, le ministre de la Transition écologique s'est dit "pas favorable" à un projet qu'il a qualifié de "purement spéculatif" et "pas vraiment fait pour créer de l'emploi". "C'est mon sentiment, parce que je pense qu'il y a des impacts environnementaux et pour un bénéfice économique et un bénéfice d'emploi me semble-t-il assez réduit", a déclaré Nicolas Hulot sur BFMTV.

"J'ai exprimé mon opinion mais les Guyanais cumulent déjà tellement de difficultés que c'est à eux maintenant d'en décider", a-t-il conclu. La décision doit être prise après un débat public qui devrait avoir lieu au premier semestre 2018, avait annoncé Emmanuel Macron lors de son séjour dans le département.