Guérini, un nouveau parti pour (faire) oublier le PS

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Guérini, un nouveau parti pour (faire) oublier le PS
@ REUTERS
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Le président du conseil général des Bouches-du-Rhône a mis la pression sur les élus PS pour qu'ils le rejoignent.

L'INFO. Jean Noel Guérini n'en finit pas d'empoisonner la vie du Parti socialiste, dont il a démissionné en avril dernier avant d'en être exclu. Bien que plusieurs fois mis en examen, le président du conseil général des Bouches-du-Rhône a réalisé une belle performance aux élections sénatoriales, avec trois élus sur son nom. Et il n'entend pas s'arrêter là. Jeudi, il va ainsi lancer son propre parti politique, "la Force du 13", avec en ligne de mire les prochaines élections cantonales. Et Jean-Noël Guerini compte bien récupérer une partie des élus socialistes en colère contre l'action du gouvernement. L'opération semble bien partie.

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"Difficile de gagner les élections avec l'étiquette socialiste". Ils sont en effet 22 conseillers socialistes et apparentés a prôné une alliance avec le nouveau parti de Jean-Noël Guerini, soit la quasi-totalité des élus de gauche. Parmi eux se trouve notamment Richard Eouzan, encarté depuis 25 ans mais prêt à tourner le dos au PS "pour sanctionner François Hollande", empêtré dans les affaires. "La dernière en date est l'affaire Fillon-Jouyet, qui nous retombe dessus. On va le payer. On le voit bien depuis les deux ans et demi que nous venons de passer : il n'y a pas de bonnes mesures ! Cela sera difficile de gagner les élections avec l'étiquette socialiste uniquement", a déclaré à Europe 1 le conseiller général. Quant à la menace d'une exclusion, il la balaie d'un revers de main : "tant pis, on ira quand même à la bataille sans le PS !"

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"On pourrait montrer un bel exemple de morale et d'éthique".  Car du côté de la rue de Solferino, il est hors de question de faire alliance avec le tout-puissant patron des Bouches-du-Rhône. Une position partagée par Réné Stéfanini, du collectif  "Cohérence socialiste", qui regrette toutefois le choix des élus marseillais. "Pour une fois, on pourrait montrer un bel exemple de morale et d'éthique en acceptant de perdre le Conseil général. Toute la classe politique dit que la démocratie est en danger. Il serait temps de mettre en accord les paroles et les actes : pas d'alliance avec Jean-Noël Guerini", a-t-il assuré au micro d'Europe 1 jeudi matin. Et d'ajouter : "il faut changer les règles. Plus de trois mandats, ce n'est pas normal !"

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Des pressions de Guerini. Mais Jean-Noël Guerini, lui, entend bien conserver son fauteuil en combattant le gouvernement et en faisant valoir son bilan à la tête du département, l'un des plus riches de France. Pour convaincre les élus PS hésitants, il les a donc menacés d'investir face à eux un candidat estampillé "la Force du 13", voire de nouer une alliance avec l'UMP pour les faire perdre, selon le Monde. Une pression qui a fonctionné sur 22 élus. Et qui va donner encore plus de relief à la défaite annoncée du PS dans le département.