Guéant: sa non élection intrigue la justice

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Guéant: sa non élection intrigue la justice
Claude Guéant a été battu aux législatives à Boulogne-Billancourt@ REUTERS
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Des militants UMP auraient fabriqué de fausses attestations pour contester sa défaite.

Claude Guéant doit vraiment regretter de s’être présenté aux élections législatives à Boulogne-Billancourt. Battu dans une circonscription réputée imperdable, l’ancien ministre de l’Intérieur est désormais dans le collimateur de la justice. Thierry Solère, celui là même qui l’a battu, a en effet décidé de porter plainte pour subornation de témoin, faux et usage de faux, révèle Charlie hebdo.

Une histoire de logo

En juin dernier, Claude Guéant est battu d’une courte tête : 334 voix de retard. Trois habitants de la circonscription n’acceptent pas la défaite. Un recours est alors déposé au Conseil constitutionnel. Pour eux, la "sincérité du scrutin" a été atteinte car Thierry Solère avait imprimé sur ses documents de campagne la mention UMP, qui était réservée à Claude Guéant, le seul investi par le parti alors majoritaire.

Dans le dossier qu’ils transmettent aux Sages, ils fournissent 400 attestations d’habitants de la circonscription qui auraient été abusés par la manœuvre. Qui auraient voté pour Thierry Solère en croyant voter pour Claude Guéant, en somme. Les Sages rejettent toutefois le recours, arguant notamment de la notoriété nationale de celui qui est alors ministre de l’Intérieur ainsi que du "large débat public sur les soutiens politiques des candidats, abondamment relayé par la presse".

Des électeurs abusés

L’affaire aurait pu en rester là sans l’intervention de l’ancienne attachée parlementaire de Pierre-Christophe Baguet, le député sortant, qui a fait tout son possible pour laisser son siège à Claude Guéant. Elle fait en effet état de "pressions" venant de l’entourage de l’élu pour signer une attestation, ce qu’elle fera finalement. Ce témoin raconte notamment  comment on a dicté à des personnes âgées, dans la permanence UMP ou par téléphone, ce qu'elles devaient écrire."

"Sur cette base, une plainte a donc été déposée pour faux et usage, fausse attestation, subornation de témoin, dénonciation calomnieuse et tentative d’escroquerie au jugement à Nanterre", a confirmé à Charlie Hebdo l’avocat de Thierry Solère, Antonin Lévy. S’il n’est pas visé par la plainte, Claude Guéant apparaît néanmoins comme le principal bénéficiaire de ces éventuelles manœuvres électorale. Et pourrait donc être se retrouver visé par l’enquête préliminaire ouverte par le parquet.