Guéant : ceux qui le soutiennent

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Guéant : ceux qui le soutiennent
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Après le tollé provoqué par ses propos sur les musulmans, il a été soutenu par François Fillon.

La polémique suscitée par les propos de Claude Guéant sur le nombre de musulmans en France, prononcés lundi, a pris des proportions importantes. Le Mouvement contre le Racisme et pour l'Egalité entre les Peuples (Mrap) a même annoncé mardi sa décision de porter plainte contre le ministre de l’Intérieur, pour dénoncer "une politique de la haine". Mais Claude Guéant a pu compter mardi sur un soutien de poids, celui du Premier ministre François Fillon.

Claude Guéant "a tout mon soutien"

"Je demande à tout le monde de ne pas tomber dans les pièges. Chaque semaine, il y a une phrase déformée, coupée. Claude Guéant a tout mon soutien", a lancé le Premier ministre lors de la réunion hebdomadaire, à huis clos, des députés UMP à l'Assemblée nationale.

Dans cette même réunion, le député et ex-ministre Eric Woerth a appelé la majorité à être solidaire de Claude Guéant et des ministres mis en cause par la gauche. "Ne nous laissons pas diaboliser par le PS. On n'a pas de leçon à recevoir d'eux sur le terrain de l'Etat exemplaire et de la morale publique. On voit bien comment ils font, ils isolent à chaque fois quelqu'un du troupeau : j'en ai été victime, il y a eu Michèle Alliot-Marie, Christine Lagarde, Claude Guéant...", a-t-il déclaré, selon des témoins.

Le "terrorisme linguistique du PS"

Attaquer la gauche, telle est l’arme choisie également par Chantal Brunel, députée désormais célèbre pour ses récents propos sur les migrants tunisiens. "Il est grand temps que le PS cesse avec cette manie absurde de traiter l'ensemble des sujets sous l'angle de l'émotion, au lieu de le faire sous l'angle de l'objectivité et de l'action", estime-t-elle dans un communiqué, tout en appelant à en finir avec «le terrorisme linguistique du PS".

"C'est en laissant tout un champ lexical aux mains du FN qu'on le laisse impunément s'emparer de sujets majeurs sur lesquels, bientôt, il aura l'exclusivité", affirme également l’élue.

Un "bouc émissaire"

Même son de cloche du côté du secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu, qui a accusé mardi le PS d’utiliser Claude Guéant comme "bouc émissaire par rapport au Front national". "Schéma classique qu'on a connu dans les années 80-90 : on tape sur la droite en essayant de faire croire qu'il y a une alliance putative possible entre le Front national et la droite et en disant : ‘ah, c'est Claude Guéant qui effectivement symbolise ça’", s’est-il agacé, alors qu’il était interrogé sur le sujet, à Nantes.

Autre soutien ferme, celui du ministre du Budget François Baroin. Selon lui, il faut arrêter de "faire un procès par semaine" au ministre de l'Intérieur. "Il faut toujours lire la phrase dans sa globalité. Il (Claude Guéant) a dit : ‘il ne faudrait pas en quelque sorte qu'il y ait des avancées pour une religion aujourd'hui, la religion musulmane, qui se fasse au détriment des autres’", a déclaré le ministre, interrogé sur France 2.

Copé botte en touche

Le soutien a été moins évident de la part de Jean-François Copé. Le patron de l’UMP, organisateur du débat controversé sur la laïcité, qui se tient mardi après-midi, n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

"Franchement, on est champion du monde pour sortir les phrases de leur contexte", a-t-il regretté mardi sur Europe 1. "Moi, je ne veux plus rentrer là-dedans (…). Je ne vais pas répondre", a-t-il fermement déclaré, avant d’ajouter : "la phrase déclenche la polémique alors que ce qui compte aujourd’hui c’est le débat de fond".