"Grotesque" contre "calme et fermeté"

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"Grotesque" contre "calme et fermeté"
@ REUTERS
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L’opposition fustige l’intervention de Nicolas Sarkozy lundi sur France 2. La droite applaudit.

Sans surprise, l’intervention de Nicolas Sarkozy, lundi soir sur France 2, a été diversement reçue, selon que l’auditeur se place de tel ou tel côté de l’échiquier politique. La gauche estime ainsi que le président de la République n’a pas répondu aux questions que se posent les Français, notamment sur l’affaire Woerth. A droite en revanche, on salue la pédagogie et le sens du devoir du chef de l’Etat.

"J'ai trouvé un président de la République qui parlait d'abord de lui-même, avant de parler des Français. Je l'ai trouvé vivant dans un autre monde, très loin des Français et aussi très loin de la vérité, sur le chômage, les retraites, la sécurité", a ainsi jugé Martine Aubry sur france 3. "Comme d'habitude, des grands mots et une réalité qui est toujours différente. Pas de changement de cap qui ramènerait un peu d'espérance face à cette crise morale que nous traversons et face à cette terrible crise économique et sociale, on continue comme avant, l'auto-persuasion et l'auto-satisfaction."

"Il parle mais il ne dit rien"

Sur l’affaire Woerth-Bettencourt, Benoît Hamon a ainsi considéré que Nicolas Sarkozy était est "le principal obstacle" à ce que la vérité éclate. "On attendait qu'il offre des garanties, qu’on puisse y voir plus clair. Il renvoie à l'enquête de l'IGF et à l'enquête du juge Courroye" qui est lui-même "juge et partie" dans cette affaire, a déploré le porte-parole du Parti socialiste. "Il y a manifestement du côté du président de la République suffisamment de choses à cacher pour qu'il ne juge pas nécessaire d'en appeler à un juge indépendant".

"Le président s'égare ! Selon lui l'affaire Bettencourt est le résultat d'un complot des adversaires de la réforme des retraites. Grotesque!", écrit de son côté Jean-Luc Mélenchon. "Il répète en boucle des formules et des tirades qui exaspèrent. On se dit qu'il parle parce qu'il ne peut pas se taire mais qu'il ne dit rien. Bref, cet entretien ne change rien à l'ambiance qui plombe sa fin de règne et face au grand nombre qui sera dans la rue en septembre, il reculera ou il partira", estime le président du Parti de gauche.

"Il laisse les miettes"

Les syndicats, eux, ont surtout été attentifs aux déclarations présidentielles sur les retraites. Et ils n’ont pas été convaincus. "Le président de la République s’est montré inflexible. "Il laisse les miettes à discuter alors que sur l’essentiel du texte, il ne veut pas bouger", constate ainsi Jean-Claude Mailly, leader de FO, au micro d’Europe 1. "Il a confirmé que cette réforme n’était pas dictée par des raisons sociales, mais économiques. Il faut ne pas déplaire aux marchés financiers. Ça confirme pleinement l’appel à la mobilisation du 7 septembre."

De son côté, Bernard Thibault estime également que le gouvernement n'a "pas bougé d'un millimètre". "On en avait déjà un signe puisqu'on a été reçus jeudi au ministère du Travail, non pas par le ministre mais par son cabinet, et ça n'avait déjà pas bougé d'un millimètre, c'est-à-dire que ces annonces successives de dialogue ou de concertation qui demeure, pour l'instant, ne produisent rien", regrette le secrétaire général de la CGT.

"Au service de l’intérêt général"

Du côté de la majorité, le discours est évidemment diamétralement opposé. "Au service de l'intérêt général, Nicolas Sarkozy s'est montré décidé à ne pas se laisser détourner de ses devoirs. Réformes des retraites, réduction des déficits, conquête de la croissance pour l'emploi, ces trois priorités constituent la feuille de route du gouvernement", estime le Premier ministre François Fillon dans un communiqué, louant le "calme et la fermeté" du chef de l’Etat.

"Il y avait une envie de pédagogie de la part des Français. Le chef de l'Etat a montré clairement le sens de son action et le cap pour notre pays", juge de son côté Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP. "Il se situe au-dessus des polémiques et son sens de l'écoute et sa détermination sont essentiels pour notre pays".