Grogne des agriculteurs : Valls joue l'apaisement

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Grogne des agriculteurs : Valls joue l'apaisement
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Alors que les agriculteurs ont investi les rues de Paris pour protester contre la fin des quotas laitiers et la concurrence des grandes surfaces sur les prix, Manuel Valls a pris la parole jeudi pour apaiser les tensions.

Son discours était très attendu. Manuel Valls est monté au créneau jeudi alors que les agriculteurs ont investi les rues de Paris pour manifester leur mécontentement. Le Premier ministre a multiplié les déclarations et les annonces dans le but de calmer la grogne. Et pour accompagner ce que Manuel Valls a présenté comme un "message d'amour", le gouvernement a mis les moyens : "trois milliards d'euros en trois ans". Voici les principales mesures annoncées :

Une année blanche. Le Premier ministre a annoncé jeudi une année blanche sur le remboursement des dettes bancaires des agriculteurs en difficulté, mais aussi la prise en charge de leurs cotisations de sécurité sociale.

Une concertation sur les normes. Les agriculteurs estiment qu'on leur impose trop de règles environnementales ou sanitaires ? Le Premier ministre a assuré qu'aucune nouvelle norme nationale ne serait prise d'ici février 2016, date à partir de laquelle les agriculteurs seront associés à la définition des mesures de défense de l'environnement. Et le gouvernement de promettre que la France n'ira pas "au-delà" des normes européennes. "Nous devons garantir à nos agriculteurs qu'ils soient soumis aux mêmes règles que nos voisins européens. (...) D'ici février, et c'est donc une pause, aucune mesure nationale allant au delà des obligations européennes ne sera prise", a promis Manuel Valls.

Un coup de pression sur le reste de la filière agroalimentaire. Accusés de tirer les prix vers le bas de manière inconsidérée, la grande distribution et les industriels sont indirectement concernés par ce plan. Le gouvernement a en effet promis de maintenir la pression sur eux.

Le principal syndicat agricole, la FNSEA, n'a pas caché sa satisfaction. "Il aura fallu 1.800 tracteurs pour ça, mais pour la première fois depuis longtemps, cette demande de considération, le Premier ministre l'a entendue, le gouvernement l'a entendue", s'est félicité son président, Xavier Beulin.