Grèce : Nicolas Sarkozy en embuscade

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Le patron des Républicains estime que "la situation est grave". Mais il ne veut pas se précipiter.

"Si le peuple grec dit oui au plan que propose l'Europe, Tsipras est obligé de partir. Si les Grecs disent non, Tsipras ne peut plus négocier". Lors d'un discours de plus de quarante minutes à la Fête de la Violette, Nicolas Sarkozy a tapé fort, ce week-end, sur l’irresponsabilité d’Alexis Tsipras. Loin d'être une première. Un peu plus tard, dimanche, les Grecs ont dit "non". Pourtant, selon les informations d'Europe 1, le patron des Républicains va se mettre en retrait sur ce dossier.

Surtout ne pas se précipiter. "La situation est grave". La sentence, balancée à des proches, est signée Nicolas Sarkozy. Mais l’ancien chef de l’Etat ne souhaite pas en rajouter. Alors, dimanche soir, il a fait passer la consigne : pas de communiqué, pas de commentaires dans l’urgence, pas de charge politicienne. Nicolas Sarkozy souhaite attendre la prise de parole de Jean Claude Junker, président de la Commission européenne, et les propositions franco-allemandes pour s’exprimer.

"À ceux qui sont aux responsabilités de prendre leurs responsabilités". S'il s’est entretenu avec Angela Merkel et la droite allemande la semaine dernière, le président des Républicains n’a pas pour autant l’intention de se lancer dans une sorte de diplomatie parallèle. "À ceux qui sont aux responsabilités de prendre leurs responsabilités", glisse-t-il à ses proches. Dit autrement, le patron de l'opposition va faire un pas en arrière en attendant que les choses se décantent un peu. Il n'a d'ailleurs toujours pas répondu à l'invitation de TF1, qui lui propose de s'exprimer mardi soir, alors que se tiendra au même moment une nouvelle réunion de l'Eurogroupe.

Hollande attendu au tournant. L’ancien chef de l’Etat est effaré par le manque de leadership de la France sur le sujet, autant que par la maladresse du président Hollande, qui a cru à un accord jusqu’au bout en accordant sa confiance à Alexis Tsipras. Nicolas Sarkozy sait bien que sa gestion de la crise de 2009 avait été saluée, et il attend son successeur au tournant. Cette bataille européenne sera un enjeu majeur de politique intérieure.