Grand emprunt et petite guerre au sein de la majorité

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Grand emprunt et petite guerre au sein de la majorité
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Après les avantages fiscaux pour les sportifs et la taxe professionnelle, la majorité se querelle désormais sur le montant du grand emprunt.

Les dirigeants de l'UMP ont tenté de minimiser mardi les frictions grandissantes dans la majorité sur le montant du futur grand emprunt. Le montant de l'emprunt, "ce n'est pas ça le sujet, le sujet c'est le contenu", a ainsi assuré le ministre de la Relance, Patrick Devedjian, pour qui il est "normal" qu'il y ait un débat à l'intérieur de la majorité.

Ce débat est pourtant monté d'un cran depuis la publication lundi d'un appel de 63 députés de la majorité qui souhaitent que l'Etat lève au moins 50 milliards d'euros et même jusqu'à 100 milliards si nécessaire. Pour les signataires de l'appel, qui comptent dans leurs rangs deux anciens ministres de Nicolas Sarkozy, André Santini et Yves Jégo, investir moins de 50 milliards serait "une erreur historique" qui ne permettrait pas de "construire la France du XXIe siècle".

Mardi, c’est Henri Guaino qui est monté au créneau. Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et inspirateur du projet, s'en est pris ouvertement au ministre du Budget, Eric Woerth. Ce dernier ayant jugé "irréaliste" d'aller jusqu'à 100 milliards. "Toujours mettre en avant des arguments techniques qui n'existent pas et qui sont infondés, ça m'agace", a déploré Henri Guaino pour qui le grand emprunt relève uniquement d'un choix politique. "On peut faire un choix politique - le président de la République le fera - de 20, 30, 50 ou 100 milliards mais c'est un choix politique. Personne ne peut dire scientifiquement, techniquement que tel ou tel choix est réaliste ou irréaliste", a-t-il insisté attaquant les "gens qui se présentent en experts, qui savent tout".

Xavier Bertrand a tenté mardi de calmer le jeu. Le secrétaire général de l'UMP veut voir dans ces tensions, qui font suite à d'autres sur les avantages fiscaux pour les sportifsou la taxe professionnelle, le signe d'un débat démocratique sain dans la majorité, à l'heure où "l'opposition est aux abonnés absents et n'avance pas de proposition ou de contre-proposition", a-t-il affirmé sur France-Info.

Chargés de présider la commission chargée de réfléchir à l'utilisation du grand emprunt, les anciens premiers ministres Alain Juppé et Michel Rocard, qui rendront prochainement leurs conclusions à Nicolas Sarkozy, évoquaient récemment 50 milliards maximum pour le premier, entre 20 et 40 pour le second.