Gordon Brown appelle à l'"unité" après la débâcle du Labour

  • A
  • A
Gordon Brown appelle à l'"unité" après la débâcle du Labour
Partagez sur :

Le Premier ministre Gordon Brown a appelé à l'"unité" lundi soir en prononçant le "discours d'une vie" devant un parterre de parlementaires travaillistes, sur fond de débâcle de son parti aux européennes.

15% des voix : c’est le score aux européennes du Labour. Le parti travailliste du premier ministre Gordon Brown est devancé non seulement par les Conservateurs, qui obtiennent 29% des voix, mais aussi par le parti europhobe Ukip, qui récolte 17%. Le parti d'extrême droite BNP fait, pour sa part, une progression remarquée avec 6,5% des voix, synonyme de deux députés au parlement européen.

Malgré cette déroute électorale, le départ d'une dizaine de ministres et la multiplication des appels à sa démission, le chef du gouvernement a de nouveau indiqué lundi soir qu'il ne renoncerait pas à son poste.

Une lettre appelant à sa démission circule depuis plusieurs jours, mais il semble de plus en plus improbable que les députés "rebelles" obtiendront les 70 signatures minimum nécessaires pour forcer l'élection d'un nouveau leader du Labour. Alors que 10 ministres avaient déjà déserté le gouvernement, la secrétaire d'Etat à l'Environnement Jane Kennedy a annoncé son départ lundi, ne ménageant pas ses critiques envers le Premier ministre.

"Vous ne résolvez pas un problème en partant mais en y faisant face et en faisant quelque chose", a affirmé le premier ministre britannique lors d'une réunion avec les élus Labour où il a été accueilli par des applaudissements nourris. "J'ai mes forces et j'ai mes faiblesses. Je sais qu'il y a des choses que je fais bien, et des choses (que je ne fais) pas si bien. J'ai appris que vous devez toujours apprendre", a déclaré Gordon Brown. "Je ne prononce pas un plaidoyer pour l'unité. Je défends l'unité", a-t-il dit.

La presse britannique est, elle, cinglante. "Pour sauver le Labour, Gordon, partez avec élégance, et partez aujourd’hui", écrit une éditorialiste du Guardian, un journal pourtant d'habitude favorable aux travaillistes. Pour le tabloïd The Sun, les heures du premier ministre britannique sont comptées, chronomètre à l’appui.