Gilbert Collard : "François Hollande qui donne des leçons, c'est Disneyland"

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Pour le député RBM-FN du Gard Gilbert Collard, Marine Le Pen veut une "administration neutre" et François Hollande n'a pas à lui donner de leçons en matière de respect des fonctionnaires

INTERVIEW

Marine Le Pen n'a pas menacé les fonctionnaires, d'après Gilbert Collard. Invité de la matinale d'Europe 1, mardi, le député RBM-FN du Gard a indiqué que la présidente du Front national avait le "plus grand respect pour les fonctionnaires", après ses propos polémiques qu'elle a tenus sur cette catégorie de population, dimanche. "Mais dans le lot des fonctionnaires, comme dans le lot des journalistes, des avocats, des politiques, de tout le monde, il peut y avoir des fonctionnaires qui obéissent un peu aux ordres", a estimé Gilbert Collard.

"Ce n'est pas Marine Le Pen qui a traité la justice d'institution de lâcheté". Le parlementaire a reproché à François Hollande d'avoir en même temps condamné les propos de Marine Le Pen sur les fonctionnaires, dimanche, et affirmé que la justice était une 'institution de lâcheté', dans un livre de confidences aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme. "C'est le comble. Que François Hollande vienne donner des leçons, c'est Disneyland", a lâché le député.

"On a tous les signes que l'apparence d'impartialité n'est pas respectée". Y a-t-il, selon lui, des fonctionnaires qui enfreignent la loi ? "Je pense qu'il y a des journalistes qui sont complètement aux ordres d'une certaine finance", a esquivé Gilbert Collard avant de répondre sur le fond des propos de la présidente du Front national : "Marine Le Pen vise les fonctionnaires qui exerceraient d'une manière tout à fait abusive, contraire à la loi, les missions qu'on leur a confiées. Dans les affaires qui concernent le FN, notamment sur les emplois présumés fictifs au Parlement européen ou le financement de plusieurs campagnes électorales, "on a tous les signes que l'apparence d'impartialité" des magistrats "n'est pas respectée", estime le député.

Pas de "révocations" mais des "sanctions". Gilbert Collard s'est ensuite projeté sur une éventuelle victoire de Marine Le Pen en mai, et sur les conséquences de ce succès pour les fonctionnaires : "S'il est démontré un jour que des magistrats, des inspecteurs des impôts, ont eu un comportement qui n'est pas conforme à la loi, pourquoi voudriez-vous qu'on continue à passer là-dessus ? Il n'en est pas question." Pour autant, il récuse toute "révocation" possible : "il est simplement question d'appliquer la loi". "Si on a un fonctionnaire dont la démonstration est faite qu'il use de ses pouvoirs pour emmerder, nuire, abîmer, il sera sanctionné", a tenté de clarifier l'avocat élu du Gard, avant de répéter "qu'il ne s'agissait pas de menaces".