Gérard Onesta, un eurodéputé épuisé et en colère

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Gérard Onesta, un eurodéputé épuisé et en colère
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Gérard Onesta, eurodéputé vert français, a décidé de ne pas se représenter pour les élections du 7 juin prochain. Fatigué, il dénonce avec vigueur l’attitude de certaines de ses collègues "fainéants" qui ternissent l'image du Parlement européen.

Il a vécu la chute du mur de Berlin comme député européen et en garde une "émotion immense et intacte". Mais l’eurodéputé vert Gérard Onesta a décidé, à 48 ans, de ne pas se représenter aux élections du 7 juin prochain. Il se dit épuisé par le travail acharné qu’il a effectué au Parlement européen et en même temps très en colère contre les "fainéants" qui ternissent l'image de cette institution, dans une interview accordée à l’AFP.

Il s’en prend notamment à l’opacité qui entoure ce Parlement qui ne dévoile pas tous les chiffres sur la présence de ses députés, notamment ceux du travail en commissions parlementaires. De telles statistiques pourraient pourtant pousser "peut-être un petit peu ‘au cul’ les fainéants et ça donnerait peut-être plus de pouvoir médiatique et donc d'influence politique aux vrais bosseurs", assène-t-il.

Seule réforme acceptée par le Parlement européen dans l'immédiat : la publication des chiffres de présence lors des séances plénières, celles où se déroulent les votes et dont dépend une partie de l'indemnité des députés. Selon les statistiques rendues publiques la semaine dernière, les élus verts sont les plus assidus avec 87 % de présence contre 58% pour Marine Le Pen (non-inscrit) ou Philippe De Villiers (Groupe indépendance/démocratie) qui ferme la marche avec 52%.

"Recalibrez votre ego", avait lancé Gérard Onesta aux futurs députés européens il y a quelques jours sur le blog "Elections européennes" du Monde. L’élu écologiste confie de son côté, en toute humilité, être fatigué. "Si vous vous amusez à regarder le visage que j'ai sur la photo officielle du Parlement prise il y a cinq ans, et que vous comparez avec l'état de la bête aujourd'hui, vous dites ‘il est temps qu'il arrête’", raconte Gérard Onesta qui entend rester "un défenseur de la cause européenne".