Front républicain : Jean-Marie Le Guen prend lui aussi ses distances

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COUP DE GUEULE - Jean-Marie Le Guen rejoint la position de Jean-Christophe Cambadélis : en cas d'élimination d'un candidat PS, pas question de continuer à appeler à voter systématiquement pour un candidat de droite contre le FN. 

INTERVIEW

Après le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, c'est au tour d'un autre ténor socialiste de remettre en cause le Front républicain au PS. Invité dans le Club de la presse sur Europe 1, le Secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen a expliqué qu'il n'était pas question par exemple d'appeler à voter Christian Estrosi (LR) lors des élections régionales en Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca) en cas de deuxième tour entre un candidat du FN et celui de LR. 

"Pas de différence" entre Marion Maréchal-Le Pen et Christian Estrosi. "Depuis un an, nous avons vu apparaître ce que nous appelons 'un bloc réactionnaire' qui dépasse aujourd'hui le Front national, qui l'englobe mais qui englobe aussi la droite des Républicains",  a affirmé sur Europe 1 Jean-Marie Le Guen. Et de pointer du doigt la campagne pour les élections régionales en Paca : "il n'y a pas de différence entre la candidate du FN (Marion Maréchal-Le Pen, ndlr) et Monsieur Estrosi. [...] Il est absolument impensable d'imaginer d'appeler des électeurs de gauche à voter pour un candidat qui défend ce type d'opinions, souvent soutenues par Nicolas Sarkozy". 

"Pas d'amalgame" non plus à droite. "Nous sommes confrontés aujourd'hui à une impossibilité d'appliquer le Front républicain à ces gens-là", estime Jean-Marie Le Guen avant de nuancer : "nous savons qu'à droite, au centre, il y a des gens qui partagent les mêmes inquiétudes que nous". 

Un tournant ? Pour la première fois au PS, le patron Jean-Christophe Cambadélis a estimé lundi que la stratégie du "Front républicain" n'était "désormais" plus possible en raison des "déclarations extrémistes" de candidats du parti Les Républicains. Le désistement au second tour d'une élection pour battre le FN avait déjà été contesté par plusieurs cadres socialistes, notamment après l'échec du PS lors de la cantonale partielle de Brignoles dans le Var (remportée par le FN en 2013), mais jamais aussi directement par un premier secrétaire.