Front républicain : dans le Nord, le PS s'interroge

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Front républicain : dans le Nord, le PS s'interroge
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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Le candidat socialiste Pierre de Saintignon devra-t-il se retirer pour faire barrage à Marine Le Pen ? Pour l'instant, il refuse d'en entendre parler.

Marine Le Pen prend le large. Selon un sondage Ifop pour Europe 1, iTélé et La Voix du Nord, la présidente du FN arriverait largement en tête du premier tour aux élections régionales dans le Nord, avec 38% des voix. Et elle l'emporterait au second tour avec 39% des suffrages. De quoi poser à la tête de liste socialiste, Pierre de Saintignon, un sérieux dilemme : doit-il se retirer entre les deux tours pour faire barrage à la patronne du FN ? Un retrait qui impliquerait pour le PS de n'avoir aucun élu régional pendant six ans.

Le PS compte sur le cumul des voix de gauche. Pour l'instant, Pierre de Saintignon ne veut pas en entendre parler. Même donné troisième dans les sondages depuis la rentrée, derrière Marine Le Pen et Xavier Bertrand, le candidat socialiste refuse d'envisager un "front républicain" au second tour. "Je ne retiens pas cette hypothèse parce que je ne la crois pas possible", affirme-t-il au micro d'Europe 1. "Au soir du premier tour, les voix de gauche seront très nettement supérieures à celles que M. Bertrand aura rassemblées", veut-il croire. Pierre de Saintignon compte notamment sur les reports de voix de la candidate écologiste-Front de gauche, Sandrine Rousseau, donnée à 9% dans le sondage Ifop.

Chez les troupes socialistes, on se pose tout de même la question. "L'élection de Marine Le Pen peut être une réelle catastrophe. Des gens minimisent le problème", s'alarme cette militante. "Il faudra le soir du premier tour avoir une réflexion profonde, et pas un jeu d'échecs politique", plaide-t-elle.

Hollande dans le collimateur. Les socialistes ont déjà un coupable tout trouvé en cas de défaite dans ce bastion historique de la gauche. Selon notre sondage, en Nord-Pas-de-Calais-Picardie, un électeur sur cinq ayant voté François Hollande en 2012 se dit prêt à soutenir Marine Le Pen en décembre. "Même nos têtes de liste disent qu'il y a des choses à revoir dans ce que fait le gouvernement au niveau national", estime ce militant. "Il n'est pas étonnant que les électeurs partagent ce constat. Mais j'y vois surtout des gens à reconquérir, des gens qui ont besoin de résultats".

Pierre de Saintignon compte sur le premier débat avec Marine Le Pen et Xavier Bertrand, mardi à 18h30 sur Europe 1 et iTélé, pour rattraper son retard dans les sondages. Son objectif : montrer que la crédibilité est dans son camp, et pas dans celui de Marine Le Pen.