Rebsamen remettra sa démission le 19 août, évoque un "quiproquo"

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Rebsamen remettra sa démission le 19 août, évoque un "quiproquo"
"Je remettrai ma démission le 19 août à la fin du prochain Conseil des ministres", annonce François Rebsamen.@ MARTIN BUREAU / AFP
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Le ministre du Travail François Rebsamen est redevenu lundi maire de Dijon et remettra sa démission du gouvernement le 19 août. 

L'annonce de sa candidature à la mairie de Dijon le 30 juillet dernier avait donné lieu à un imbroglio avec l'Elysée et Matignon. Pourtant François Rebsamen l'assure ce lundi dans Le Parisien: "Je n'ai jamais envisagé de cumuler". Le ministre du Travail, qui est redevenu lundi maire de Dijon, prévoit même de remettre sa démission du gouvernement au président de la République "le 19 août à la fin du prochain Conseil des ministres", annonce-t-il au quotidien. 

"Un immense quiproquo". Comment expliquer alors toute cette cacophonie autour de l'annonce de sa candidature fin juillet, après 16 mois au gouvernement ? "Il y a un immense quiproquo : je n'ai jamais envisagé de cumuler les charges de maire de Dijon et de ministre du Travail (...) Je sais très bien qu'on ne peut pas faire les deux et je ne l'ai jamais envisagé", clarifie aujourd'hui ce proche de François Hollande. Car les ministres ont un mois pour se mettre en conformité avec l'article 4 de la charte de déontologie des membres du gouvernement sur le non-cumul des mandats. 

"J'ai passé l'âge d'être recadré". "Tant que le président ne m'aura pas demandé de cesser mes fonctions, je les assumerai", avait affirmé François Rebsamen lors de l'annonce de sa candidature, ajoutant qu'il "remettrait sa démission entre les mains du président et du Premier ministre, quand ses engagements ministériels seront terminés".

Une déclaration suivie dans la foulée d'une sérieuse mise au point de l'exécutif. "Si Rebsamen est élu maire de Dijon, il sera remplacé", affirmait-on dans l'entourage de la présidence en évoquant un délai de quelques semaines. Le Premier ministre Manuel Valls était lui aussi monté au créneau. "Il y a des principes qui s'appliquent et François Rebsamen le sait parfaitement : on ne peut pas être chef d'un exécutif (...) et en même temps membre du gouvernement. Ce sont ces principes comme le non-cumul des mandats d'une manière générale qui sont une exigence des citoyens", avait ainsi déclaré le Premier ministre Manuel Valls.

Un recadrage ? "J'ai passé l'âge d'être recadré", assure aujourd'hui François Rebsamen.

"Le sentiment d'avoir bien fait mon travail". Quel bilan dresse-t-il de son passage au ministère du Travail ? "Je pars avec le sentiment d'avoir bien fait mon travail et avec l'estime des partenaires sociaux". Depuis sa prise de fonction au ministère du Travail, Pôle emploi a vu affluer plus de 200.000 chômeurs supplémentaires. François Rebsamen a lui-même reconnu un temps un "échec" du gouvernement, avant de tabler sur une baisse effective du nombre de demandeurs d'emploi "à la fin de l'année" 2015. 

Qui pour lui succéder ? Après le décès à 63 ans d'Alain Millot, à qui il avait confié les rênes de Dijon en avril 2014, François Rebsamen avait annoncé souhaiter revenir à la tête de la ville qu'il a déjà dirigée pendant 13 ans. Lors de la réunion du Conseil municipal, lundi à 14h, François Rebsamen, 64 ans, a été réélu maire face à un autre candidat issu du Front National. À 17h, il devrait retrouver également le siège de président du Grand Dijon, occupé lui aussi pendant 16 mois par Alain Millot.

Parmi les successeurs possibles au gouvernement, Alain Vidalies, l'actuel secrétaire d'Etat au transport, a juste laissé filtrer que l'emploi ne l'a "jamais laissé insensible". Les noms de Stéphane Le Foll, le ministre de l'Agriculture ou de Jean-Marc Germain, un proche de Martine Aubry, ont aussi été cités. François Rebsamen a esquissé dans le JDD le profil idéal de son successeur: "Il faut quelqu'un comme (Michel) Sapin et moi, qui ait la ligne directe avec le président et le Premier ministre. Quelqu'un qui soit totalement en phase avec la politique économique du président" de la République, avance-t-il, dessinant en creux, selon le journal, le portrait de Stéphane Le Foll.