François Mitterrand raconté par son fils Gilbert

  • A
  • A
François Mitterrand raconté par son fils Gilbert
François Mitterrand@ Michel CLEMENT/AFP
0 partage

Au lendemain de l'anniversaire des 20 ans de la mort de François Mitterrand, son fils Gilbert était l'invité de Natacha Polony et d'Olivier Duhamel.

"Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas." Ce sont, en 1994, les derniers vœux de François Mitterrand aux Français. Au lendemain de l'anniversaire des 20 ans de sa mort, ces mots sonnent on ne peut plus vrais. Natacha Polony et Olivier Duhamel ont reçu le fils du président, Gilbert Mitterrand, dans une émission spéciale de Médiapolis, samedi. 

Dernier président ? Ces vœux étaient-ils une surprise ? "En aucune façon, répond Gilbert Mitterrand. A la maison, j'ai vu passer beaucoup de personnages politiques, du monde scientifique, de la littérature, du cinéma. Il y avait des conversations avec des questions qui paraissaient complètement ésotériques. "Croyait-il en une vie après la mort ? Ou pensait-il plutôt que quand on disparaît, une force reste, ce qui fait qu'un lien perdure ?" questionne Olivier Duhamel. "Pour ce qui est du lien qui perdure, c'est sûr, analyse le fils du président. Après il disait aussi 'Je suis de l'église de la question et non pas de la réponse'." Ces "phrases immenses, relance Natacha Polony, ont sculpté la statue de Mitterrand ? Celle d'une figure qui apparaît au-dessus des politiques actuels, très terre à terre ?" Selon Gilbert Mitterrand les vœux doivent être mis en perspective avec une autre phrase : "La France est ma patrie, l'Europe est mon avenir. Il voulait dire par là qu'il serait peut-être le dernier président de la France mais que demain la France devrait construire son avenir avec une direction européenne."

L'homme du secret. Si l'Histoire renvoie François Mitterrand à celle d'une très grande figure politique, elle garde aussi l'image d'un homme qui a cultivé le secret. Avec Mazarine, avec son cancer caché. Gilbert Mitterrand s'en défend : "L’intéressant n'est pas de savoir si c'était un secret. C'est pourquoi c'est un secret. Qu'est ce qu'il y a d'autre derrière ? Sphère intime, autorité de l'Etat, danger de vie ou de mort par chantage, etc. Dans ces conditions, je comprends le secret." Olivier Duhamel mentionne Mazarine. "A quel moment vous avez appris son existence ?" "Lors de la parution de Paris Match, répond-il. Il y avait déjà des bruits qui courraient auxquels je ne souhaitais pas prêter attention. Ma mère connaissait l'existence de Mazarine très peu de temps après sa naissance. Peut-être que quelqu'un s'est chargé de le lui faire savoir". Et d'ajouter :" La sphère intime, il est inadmissible que l'on puisse venir piocher dedans de l'extérieur."