Hollande sur TF1 : "Trop technocrate et donc ennuyeux"

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Hollande sur TF1 : "Trop technocrate et donc ennuyeux"
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ON FAIT LE BILAN - Le politologue Olivier Duhamel n’a pas été du tout convaincu par l’intervention de François Hollande, jeudi soir sur TF1. 

François Hollande s’est évertué jeudi soir sur TF1 à restaurer l'optimisme de ses compatriotes avec quelques annonces notamment sur l'indemnisation des chômeurs proches de la retraite ou le gel des impôts. Le chef de l’Etat a aussi reconnu quelques "erreurs" politiques et dans sa vie privée. Un peu plus d’une heure et demie à essayer de convaincre les Français. C’est l’heure du bilan. Le politologue Olivier Duhamel nous explique pourquoi le président de la République est passé à côté de son exercice.

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"Il a été ennuyeux, pour employer un terme poli", juge Olivier Duhamel sur Europe 1 (photo). "La forme de l’émission était assez bonne. J’ai trouvé les Français plutôt bons". Quatre personnes ont en effet posé des questions à tour de rôle sur des thématiques aussi précises que variées. "Cette émission était faite pour créer une sorte d’empathie entre lui et les Français. C’était ça le but, mais je crois que ce but n’a pas vraiment été atteint".

"Trop technocrate et donc ennuyeux"

"Il a été trop bon, donc mauvais", estime Olivier Duhamel. Et l’éditorialiste d’Europe 1 d’expliquer : "il connaît parfaitement chaque dossier. Sur chaque dossier, il répond très précisément ‘techno’. Comme il est technocrate, il est ennuyeux. Il en devient ‘super-ministre’ mais pas président". Pour mieux décrypter ce grand oral de François Hollande, Olivier Duhamel le compare à d'anciens chefs de l’Etat. "François Mitterrand et Jacques Chirac ne connaissaient pas tous les dossiers. Ils ne pouvaient pas faire de numéro technique à la Hollande. Ils étaient forcés d’être au-dessus, dans une position présidentielle. Ils n'étaient ni ennuyeux ni trop technocrates". Et d’en rajouter une couche : "la compétence de François Hollande le piège".

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"Un des buts de l’émission, c’était aussi effacer 'l’effet Trierweiller', la peopolisation malgré lui. Sur ce point, il a été assez bon". Le chef de l’Etat a même reconnu des "erreurs" sur sa vie privée, jeudi soir sur TF1. Cet acte de contrition a du bon selon le politologue Olivier Duhamel. "Ni De Gaulle, ni Pompidou, ni Mitterrand n’auraient imaginé une seconde reconnaître une erreur. Sur ce point, Hollande a eu raison. Aujourd’hui, les erreurs sont tellement visibles qu’il est bon de les assumer".

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Le chef de l’Etat doit aussi faire face à un très sérieux problème de crédibilité. "Quand vous avez atteint des abysses d’impopularité, c’est très difficile de devenir crédible", estime Olivier Duhamel. Et de prendre en exemple le titre du Parisien-Aujourd’hui en France vendredi matin : "On n’y voit pas plus clair". "Ce n’est pas un journal de gauche ni de droite. Si le Figaro est dans son rôle quand il critique l’intervention du chef de l’Etat, la position du Parisien est assez flagrante".