François Fillon : une "remontada" en trompe-l'oeil

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François Fillon croit toujours en ses chances d’être élu président. Il a emporté la primaire de la droite dans le money time, il pense de la même façon pouvoir rattraper son retard dans les trois dernières semaines.

L'ÉDITO POLITIQUE

La Remontada ! François Fillon y croit, c’est Luc Châtel, dans le rôle du coach, qui prend cette image footbalistique pour booster son candidat : "Tu es le Barça, Francois". Battu 4-0 au match aller, les stats étaient implacables, les Catalans avaient "zéro chances de gagner", mais ils l’ont emporté. "Pour toi c’est pareil, fais comme le Barça, oublie le match aller. En l’occurrence, oublie les affaires, c’est un nouveau match que tu livres et tu peux gagner". Voilà l’ambiance dans le vestiaire de François Fillon.

Un coup d'accélérateur dans la campagne. Quand on regarde les choses plus froidement, on est passé de l’élection imperdable à la victoire possible dans un trou de souris. Comment passer ? En se battant, c’est ce que fait François Fillon : quatre meetings programmés cette semaine en plus du débat de ce soir. Il se démultiplie sur le terrain avec, dimanche, un grand rassemblement Porte de Versailles : 20.000 personnes attendues pour faire plus qu’Emmanuel Macron et ses 15.000 participants le 10 décembre.

Le vote caché, clef du scrutin ? Le candidat n’a d’autre choix que d’essayer de faire passer au second plan son image abimée. Il table sur le désir d’alternance de la droite, et parie que, dans l’isoloir, en se bouchant le nez pour certains, les électeurs de droite glisseront le bulletin Fillon dans l’urne. La droite et le centre ce n’est pas 17 ou 18% - score de Fillon dans les sondages -, c’est plutôt autour de 25%. L’argument que François Fillon utilise pour convaincre ceux de sa famille qu’il a déçu c’est : "Je suis le seul candidat qui garantit une majorité aux législatives, parce que la droite est majoritaire dans ce pays. Vous ne m’aimez pas ? Oubliez moi, mais prenez le projet, pensez aux législatives".

Faire oublier l'homme providentiel. Le Sarthois enjambe la présidentielle, il déplace l’enjeu sur l’élection d’après, celle qui donnera les clefs à la droite pour cinq ans. Il met en avant son futur Premier ministre François Baroin. C’est habile, mais c’est risqué. L’élection présidentielle, c’est la rencontre entre un homme et le peuple. François Fillon lui-même s’est comparé à De Gaulle, à Churchill. Aujourd’hui, il voudrait gagner la présidentielle en se cachant, en faisant passer son image abimé au second plan.