FN : la sortie de Fillon a fait rire Sarkozy

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FN : la sortie de Fillon a fait rire Sarkozy
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L’INFO POLITIQUE - Patrick Buisson s’amuse des propos de Fillon sur le FN. Sarkozy aussi.

Le contexte. Depuis plus d’une semaine, l’UMP se déchire sur la stratégie à adopter vis-à-vis du Front national. François Fillon a fait l’exégèse de sa sortie polémique, Jean-François Copé a fait acter la position officielle du parti, mais les sarkozystes étaient restés discrets. Pourtant en coulisses, ils se frottent les mains.

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Sarkozy ? Il a ri. L’ancien président est affecté de voir son parti se déchirer. Voilà pour la version officielle. Mais quand il en a parlé à un de ses amis, l’ancien président a franchement ri. Voir François Fillon, qui a dénoncé avec force la droitisation du parti, franchir un pas supplémentaire vers le Front national, la chose a de quoi faire sourire ses fidèles, même s’ils s’en défendent. L’un d’entre eux a toutefois accepté de parler à Caroline Roux, éditorialiste politique d’Europe 1.



 

Ce que pensent Nicolas Sarkozy et Patrick...par Europe1fr
patrick buisson REUTERS 930620

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"Sarkozy n’est jamais allé si loin". Le contesté et sulfureux Patrick Buisson (photo), cible de toutes les critiques de l’UMP après la défaite du 6 mai 2012, peut se frotter les mains. "Que ceux qui rencontrent François Fillon le remercient, il m’a repositionné à la gauche du MoDem", s’amuse-t-il. La tête pensante de la droitisation de la campagne de Nicolas Sarkozy pointe toutefois un danger dans la sortie de François Fillon : laisser penser aux électeurs de l’UMP qu’ils peuvent désormais voter pour le FN. "Sarkozy n’est jamais allé si loin, il n’a jamais appelé à voter pour le Front", assure-t-il. Le propos est rude, mais répond à une logique du camp Sarkozy : ne pas laisser Fillon, qu’il considère comme son seul rival pour 2017, à la droite du parti.

bernard accoyer

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La "carte postale", selon Sarkozy. Hasard ou pas du calendrier, Nicolas Sarkozy se rend mercredi en Haute-Savoie, officiellement pour promouvoir Claude Birraux - 34 ans de mandat au compteur jusqu'à sa retraite en 2012 - au rang de chevalier de la Légion d'honneur. Mais le choix du lieu de cette première apparition publique depuis son bruyant retour à l'UMP, le 8 juillet dernier, a un sens politique. Un collaborateur de Nicolas Sarkozy fait ainsi habilement remarquer qu’Annecy est la ville où il a lancé sa campagne en 2012, que c’est là aussi où il a fait le plus de meeting, et que ce n’est pas loin du plateau des Glières, haut lieu de la résistance, sa roche de Solutré à lui. En bonus, Nicolas Sarkozy se rend sur les terres de Bernard Accoyer (photo), baron local qui présente une qualité majeur en ce moment : avoir choisi le camp Fillon. "Une carte postale", voilà comment on appelle cela dans l’équipe Sarkozy.

L’ancien président, lui, garde le silence. La collecte des 11 millions d’euros lui a permis de se rendre compte que, s’il décidait de se lancer dans la course, il n’aurait aucun mal à lever des fonds pour financer sa campagne. Son sujet à lui, ce n’est pas la guerre interne à l’UMP ou de faire barrage au FN, mais de réinventer un projet pour un jour, peut être, affronter de nouveau François Hollande.