Florian Philippot : "Je ne suis pas un chef de clan"

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En plein séminaire de refondation du FN, Florian Philippot était l'invité d'Europe 1. Il est revenu sur les différentes lignes du FN et assure que la fracture n'est pas irréconciliable.

INTERVIEW

Fracture au sein du Front national. Deux lignes s'opposent au sein du parti : celle traditionaliste de Nicolas Bay, secrétaire général du parti, face à la proposition d'ouverture de Florian Philippot. Ce dernier se heurte aussi à l'épineuse question de la sortie de l'euro, une idée qu'il porte mais qui fait débat au sein du parti. Il était l'invité de la matinale d'Europe 1, samedi, alors que se poursuit ce week-end le séminaire de refondation du FN dans un climat de haute tension.

"Audibles" sur tous les sujets. Le parti est-il pour autant irréconciliable ? Ce n'est pas l'avis du candidat malheureux aux législatives en Moselle. "Si vous voulez deux factions irréconciliables, il faut aller chez les Républicains ou au parti socialiste, là vous allez voir que ça déménage", tacle-t-il d'entrée. "Chez nous, il y a un débat interne, des petites divergences", minimise Florian Philippot qui repositionne le débat au-delà de la question monétaire. "En gros, le sujet est : parle-t-on que de l'immigration, d'insécurité et d'islamisme, des sujets fondamentaux. Ou continue-t-on de s'ouvrir en parlant de tout ?", lance-t-il, affichant son ambition d'ancrer le FN comme un parti de gouvernement, loin de l'image extrême du parti. "Je pense qu'il faut qu'on soit aussi audible sur l'école, les déserts médicaux, les petites retraites et l'Europe", énumère-t-il. 

Entendu sur Europe 1
On peut apparaître parfois mal compris ou ringards sur certains sujets sociétaux. Il faut aussi dépoussiérer.

"La seule force face au système Macron". Le vice-président du FN souligne "l'ouverture" du FN depuis que "Marine Le Pen a repris le mouvement il y a quelques années. Ça a fonctionné électoralement", ajoute-t-il. Le FN a pourtant échoué à transformer l'essai lors des deux derniers rendez-vous électoraux d'ampleur. "Certes, mais cinq avant, nous n'étions même pas au second tour (de la présidentielle, ndlr). L'objectif de cette refondation est de construire une grande force conquérante, la seule force alternative face au système Macron."

Le reste, pour lui, n'est que "cuisine interne". Sur la ligne de sortie de l'euro, "celle de tout souverainiste", Florian Philippot insiste après les confusions de la fin de campagne présidentielle : "Il faut abandonner l'histoire de la double monnaie, c'était incompréhensible. Il faut faire simple. On veut reconstruire une monnaie nationale. C'est la seule garantie pour retrouver de la compétitivité, de l'emploi, de l'innovation."

"Favorable au changement de nom". Une série de questions vont être soumises sur le sujet aux adhérents du FN. Le séminaire visant "à tout refonder", comme l'avait annoncé Marine Le Pen, doit aussi se pencher sur le nom même de Front national. "La simple sémantique peut empêcher des Français de nous écouter, ce qui est dommage. Moi, je suis favorable au changement de nom." Le séminaire de refondation va cependant encore plus loin, selon Florian Philippot : "On peut apparaître parfois mal compris ou ringards sur certains sujets sociétaux. Il faut aussi dépoussiérer. Il faut construire une grande force enthousiasmante, conquérante, patriote", assure-t-il, tout en affirmant une dernière fois ne pas avoir formé de clan séparatiste. "Il n'y a pas de clan. Je ne suis pas un chef de clan, Dieu merci."